Vers un gluant duel Bush-Clinton en Amérique

Publié le par Denis PIGNOL

Vers un gluant duel Bush-Clinton en Amérique

Vers un gluant duel Bush-Clinton en Amérique

Avec Clinton et Bush comme favoris pour la présidentielle américaine en 2016, nous sommes aux avant-postes d’une rotation des élites !

Boulevard Voltaire | Nicolas Bonnal | Ecrivain | 10-03-2015

Je me souviens d’un islamologue que l’on invitait à commenter les attentats du 11 septembre : l’expert avait rétorqué que la démocratie triompherait toujours grâce à la « rotation des élites ». J’avais trouvé l’expression laide et malheureuse à la fois.

Avec Clinton et Bush comme favoris pour la présidentielle américaine en 2016, nous sommes en effet aux avant-postes d’une rotation des élites ! Comme en France, où nous avons mis quarante ans à nous débarrasser de Chirac, comme en Italie où Berlusconi officie en Arlequin depuis trente ans ou plus, comme en Argentine où Kirchner veut rester aux affaires. On ne parlera pas des élites ombrageuses qui manipulent en riant les fils du grand théâtre du monde.

À ma droite, donc, Jeb Bush, le plus souple, dit-on, des membres de la famille Bush, banquier comme tout le monde et ex-gouverneur de la vieille Floride, marié à une latino sympa et partisan, bien sûr, de l’immigration open. Là-bas, il suffit d’être partisan de la peine de mort pour passer pour conservateur, alors…

Bush baissera – si c’est possible – les impôts des milliardaires de la Bourse et laminera un peu plus les restes de la bonne vieille classe moyenne.

À ma gauche, la femme la plus dangereuse du monde, Hillary la prêcheuse, qui effectua une danse de houri dépenaillée lors du lynchage filmé de Kadhafi, qui demeura de marbre au spectacle de son ambassadeur sodomisé et assassiné, et qui osa comparer Poutine à Hitler. Cette Cruella pour dalmatiens humains préparera une bonne marmite nucléaire de sa concoction. La Lady Macbeth de Washington rasera une autre fois un pays musulman ou européen avant d’organiser une bonne grosse conférence internationale de la paix et de la reconstruction. Et la Fed continuera, elle, de faire bonne impression…

Tout cela se passe, bien entendu, dans une indifférence cardinale. Nous avons deux vieilles marques bien connues, plus besoin de faire de la publicité pour sortir de la cave un Polichinelle fraîchement émoulu de la Trilatérale ! Ces deux vieilles marques ont amené des désastres divers ; qu’importe ? Il y avait des scandales, mais il n’y en a plus, disait-on déjà dans l’Italie d’Andreotti. L’opinion est rassasiée de scandales et elle est déjà prête, en brave zombi anesthésié, à se replonger avec béatitude dans les limbes matriciels de la démocratie héréditaire. Peu importe l’Irak, peu importe la Libye, peu importe la crise de 2007 et la prochaine crise, peu importe le Grand Remplacement en Amérique, peu importe la guerre, le téléphage insatiable peut se préparer pour un énième duel soporifique à la télé.

Quant à l’incurable électeur états-unien ? Le lecteur endormi n’a qu’à relire un classique américain qui nous décrivait tout dans une si belle Petite Discussion avec une momie :

Je demandai quel était le nom du tyran usurpateur. Autant que le comte pouvait se le rappeler, ce tyran se nommait la Canaille.

On l’appelait Edgar Poe. On dit qu’il n’est pas populaire sur les campus américains.

Publié dans presse nationale

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