Une bien triste affaire… révélatrice de notre République trahie !

Publié le par Denis PIGNOL

Une bien triste affaire… révélatrice de notre République trahie !

Une bien triste affaire… révélatrice de notre République trahie !

Il est opportun de rappeler que le titre de préfet a été élevé au plus haut niveau par le préfet Jean Moulin, résistant martyr, et par les préfets patriotes déportés. La démocratie ne peut vivre qu’avec une forte dose d’aristocratie morale.

Boulevard Voltaire | Paul Bernard | Préfet de région honoraire | 07-04-2015

Guillaume Lambert vient d’être mis en examen dans le dossier Bygmalion, pour usage de faux, escroquerie, recel d’abus de confiance et complicité de financement illégal de campagne électorale. Ce pourrait être une affaire de droit commun qui fait apparaître la mise en cause légitime d’un individu poursuivi pour le compte et à la place du puissant candidat à l’élection présidentielle qui demeure simple témoin assisté.

Mais l’affaire est plus grave car il s’agit d’un préfet en poste territorial, nommé pour occuper une mission de responsabilité qui doit rester irréprochable, car la Constitution confie au préfet « la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois ». À ce titre il représente l’État impartial et le gouvernement, agissant au nom de l’ensemble des Français, en dehors de tout engagement partisan.

Ce commissaire de la Marine d’origine aurait dû se méfier des eaux troubles de la politique. Après avoir servi quelques années comme sous-préfet, son parcours personnel lui a fait accepter des missions de Cabinet puis la direction de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il a ainsi décidé de partager les risques de la vie politique.

Tout citoyen est conduit à se poser quelques questions. Il n’est pas normal que le gouvernement se permette de nommer un préfet sur le territoire, par favoritisme et complicité, peut-être pour services rendus. En fait, le gouvernement qui a pris cette décision assume la responsabilité des conséquences d’une telle nomination dont la motivation était contraire à la déontologie des serviteurs de l’État. De même, on peut s’étonner que la simple menace de poursuites judiciaires n’ait pas entraîné sans délai la suspension d’un haut fonctionnaire, ou au moins la demande de mise en congé par l’intéressé, afin d’éviter que l’honneur de la fonction soit atteint par la procédure engagée. Le gouvernement était donc tenu de mettre fin aux fonctions du préfet de la Lozère.

Il est opportun de rappeler que le titre de préfet a été élevé au plus haut niveau par le préfet Jean Moulin, résistant martyr, et par les préfets patriotes déportés.

La démocratie ne peut vivre qu’avec une forte dose d’aristocratie morale.

Publié dans presse nationale

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