Sur Twitter, le Français est la troisième langue la plus utilisée par l'EI

Publié le par Denis PIGNOL

Le groupe EI comptait 46 000 comptes Twitter, fin 2014. © Gail Orenstein / NurPhoto
Le groupe EI comptait 46 000 comptes Twitter, fin 2014. © Gail Orenstein / NurPhoto

Sur Twitter, le Français est la troisième langue la plus utilisée par l'EI

Le Point - Publié le 07/03/2015 à 11:59

Selon une étude américaine 6 % des tweets provenant de comptes Twitter liés à l'organisation État Islamique sont rédigés en Français.

Le chiffre donne le tournis. 46 000 comptes Twitter étaient liés au groupe État islamique (EI) fin 2014, selon une étude de la Brookings Institution. "Nous estimons que de septembre à décembre 2014, au moins 46 000 comptes Twitter étaient utilisés par des partisans de l'EI, même si tous n'étaient pas actifs en même temps", indique le rapport publié par la Brooking Institution et financé par Google Ideas. D'après une analyse des données géographiques des tweets (localisation revendiquée, fuseau horaire), la majorité des abonnés habitent dans des régions tenues par l'EI en Syrie et en Irak, mais aussi en Arabie saoudite.

Par ailleurs, les trois quarts des comptes favorables à l'EI sont en arabe, et un cinquième en anglais. Le français compte pour 6 %, devenant la troisième langue la plus utilisée par l'EI sur Twitter.

1 000 abonnés en moyenne par compte

Les comptes soutenant l'EI ont en moyenne 1 000 abonnés, soit "bien plus qu'un compte habituel". Et beaucoup des succès de l'EI sur le réseau social "peuvent être attribués à un relativement petit groupe d'utilisateurs hyperactifs", selon le rapport. Sur le dernier trimestre 2014, au moins 1 000 comptes ont été désactivés par Twitter, mais le chiffre réel peut-être en réalité largement supérieur, indique le rapport.

Mais les auteurs du rapport invitent Twitter à ne pas avoir la main trop lourde, malgré la pression de certains gouvernements ou responsables politiques occidentaux. Certes, il serait possible de cibler beaucoup plus les suspensions de comptes et d'avoir un effet "dévastateur" pour la visibilité de l'EI, estiment-ils. Mais ils ne recommandent pas une telle approche, car elle conduirait notamment à "isoler" les partisans de l'EI sur Twitter, en les contraignant à adopter un fonctionnement en vase clos favorisant la radicalisation.

Les auteurs invitent les réseaux sociaux et l'administration américaine à travailler ensemble pour définir des règles de désactivation des comptes. Pour l'instant, les réseaux sociaux appliquent ces suspensions "sans aucun contrôle et sans rendre de compte" à quiconque, regrettent-ils. Twitter enquête actuellement avec les autorités américaines sur des menaces qu'aurait lancées l'EI contre lui, après les clôtures de comptes liés à la mouvance djihadiste ou à d'autres mouvements extrémistes comme Boko Haram.

Publié dans presse nationale

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