Supprimons l'histoire de France !

Publié le par Denis PIGNOL

La Seconde Guerre mondiale reste au programme des cours d'histoire (photo d'illustration). © Pascal Deloche / GODONG
La Seconde Guerre mondiale reste au programme des cours d'histoire (photo d'illustration). © Pascal Deloche / GODONG

Supprimons l'histoire de France !

Pierre Beylau  | Le Point | Publié le 06/05/2015 à 06:13

Mondialisation oblige, jetons aux oubliettes notre histoire, note héritage judéo-chrétien : grâce au Conseil supérieur des programmes, ce projet est en bonne voie.

Plus de roman national, donc. Balayés les grands mythes fondateurs dans lesquels se scelle la conscience d'une communauté de destin, se forge le sentiment national. Vive l'histoire sociologique hors sol, sans personnages, sans dates. Vive les "cadres généraux" et les "approches thématiques larges". Une histoire asséchée, sans âme, expurgée de ses racines judéo-chrétiennes. Avec juste une pincée de repentance sur l'esclavage ou la colonisation, pardon le colonialisme, vocable marxiste passé dans la vulgate politico-médiatique.

Fini Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César. Exit Clovis et le vase de Soissons, Henri IV et la poule au pot, Louis XIV et l'infante d'Espagne convolant à Saint-Jean-de-Luz. Dans les insondables poubelles de l'histoire, le serment du jeu de paume, Napoléon au pont d'Arcole, Clemenceau dans les tranchées de 14. Oubliée la France des cathédrales et de saint Louis mort en croisade.

Seule la Seconde Guerre mondiale va, pour l'instant, échapper au massacre, si l'on peut dire.

Heureusement, il y a les jeux vidéo...

Pour être certain du résultat, on expulse aussi progressivement le latin et le grec des programmes. Il n'y aura bientôt plus que les jeux vidéo pour évoquer Léonidas et la bataille des Thermopyles, Thémistocle à Salamine, les guerres puniques et les éléphants d'Hannibal. Mais sans l'exhortation de Caton l'ancien "delenda Carthago" (il faut détruire Carthage).

L'entreprise ne date pas d'hier, mais nous assistons aujourd'hui à une accélération du processus.

Il ne faut pas, nous dit-on, traumatiser les enfants d'immigrés. Pourtant, jadis, les petits Polonais, Italiens, Portugais, Espagnols arrivés en France apprenaient consciencieusement que leurs ancêtres étaient des Gaulois, ce qui n'était pas vrai mais ne semblait pas les traumatiser particulièrement. Pour s'intéresser à l'histoire universelle, il faut d'abord connaître celle de son pays. Et le pays des descendants d'immigrés, c'est d'abord la France.

Derrière tout ce jargon de pédagogues se cache une conception plus large et désincarnée : la nation française et l'Europe ne seraient, au fond, qu'une idée, un concept évanescent et non une réalité géographique pétrie par une histoire charnelle riche et tourmentée. Péguy, reviens vite, ils sont devenus fous !

Publié dans presse nationale

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