Suppression de postes chez Areva

Publié le par Denis PIGNOL

Le spécialiste du nucléaire Areva devrait supprimer "autour de 3 500" postes dans le cadre de son plan d'économies, dont le volet social doit être évoqué jeudi avec les syndicats. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Le spécialiste du nucléaire Areva devrait supprimer "autour de 3 500" postes dans le cadre de son plan d'économies, dont le volet social doit être évoqué jeudi avec les syndicats. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Suppression de postes chez Areva

Le Point - Publié le 07/05/2015 à 06:57 - Modifié le 07/05/2015 à 16:31

Le groupe, qui a accusé une perte nette de près de cinq milliards d'euros l'an dernier, a annoncé un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici à 2017.

Les frais de personnel d'Areva atteignent aujourd'hui 3,3 milliards d'euros, un niveau qui n'est plus soutenable par rapport aux 8,3 milliards de chiffre d'affaires du groupe, confronté à la stagnation du marché du nucléaire, a souligné le directeur des ressources humaines François Nogué, au cours d'une réunion avec la presse. Le groupe, détenu à près de 87 % par des capitaux publics, emploie actuellement environ 44 000 personnes dans le monde, dont 29 000 en France. Ce volet social permettra de réaliser environ les deux tiers du plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici à 2018 annoncé en mars, tandis que les efforts sur les achats assureront le tiers restant, a précisé le groupe.

"Éviter des licenciements contraints"

Ce plan d'économies "est nécessaire si nous voulons être en capacité d'assurer nos investissements, notre développement", a affirmé M. Nogué, rappelant que l'excédent brut d'exploitation dégagé par Areva ne suffisait pas actuellement à financer ses investissements. "L'effort sera plus important pour les fonctions support, corporate et siège" (c'est-à-dire des postes administratifs et autres fonctions centrales), afin de préserver les compétences du groupe dans les activités nucléaires, a-t-il ajouté. Les bonus variables, qui concernent environ 5 000 cadres, vont baisser significativement, a aussi souligné le DRH.

Le géant français de l'atome a rencontré jeudi matin les cinq organisations syndicales représentatives du groupe, pour les informer de ces mesures et de l'ouverture d'une négociation. Une première séance est prévue le 12 mai, suivie d'autres jusqu'en juin, pour "structurer le dialogue social et la gestion de l'emploi et des compétences en 2015, 2016 et 2017". S'engagera ensuite la phase d'information et consultation des instances représentatives du personnel dans les différentes sociétés du groupe, jusqu'en octobre ou novembre.

Le directeur général d'Areva, Philippe Knoche a répété à plusieurs reprises que le groupe ferait tout pour que, s'il doit y avoir des départs, ils se fassent sur la base du volontariat. Le gouvernement est sur la même ligne : le ministère de l'Économie a indiqué dans une déclaration à l'AFP qu'il avait "demandé à Areva que tout soit mis en oeuvre pour éviter des licenciements contraints". Emmanuel Macron a précisé qu'il recevrait les syndicats du groupe le 22 mai.

De son côté, la CGT a dénoncé une "restructuration inacceptable" de la filière nucléaire. Dans un communiqué, les fédérations Métallurgie et Mines Énergie CGT déclarent que "l'État a décidé de saborder la filière nucléaire, satisfaisant à une logique financière et de compétitivité au détriment d'une logique industrielle répondant aux besoins actuels et futurs".

Areva, qui a accusé une perte nette de près de 5 milliards d'euros l'an dernier, a déjà annoncé la suppression de 1 500 postes en Allemagne d'ici à 2017. Il a aussi engagé un plan de départs de "quelques centaines" de personnes aux États-Unis et licencié 170 salariés au Niger sur sa mine d'uranium d'Imouraren (Nord), dont le chantier est suspendu depuis août dernier.

Plan de financement toujours attendu

Areva doit également parachever son plan de financement, qui reposera notamment sur un rapprochement avec l'électricien public EDF, déjà proche partenaire du groupe dans le nucléaire. Alors que les discussions sur la future stratégie sont en cours, notamment avec l'État, deux scénarios sont sur la balance, à savoir une cession totale de la branche Areva NP (réacteurs et ingénierie) à EDF, ou un rapprochement de l'ingénierie sous le contrôle d'EDF. Dans ce scénario, Areva pourrait rechercher à l'extérieur des partenaires dans certaines de ses activités (mines, réacteurs, maintenance, etc.).

Des informations de presse ont notamment rapporté l'intérêt d'Engie (ex-GDF Suez) pour les activités de maintenance des réacteurs, ou encore celui des géants chinois du nucléaire CGN et CNNC, déjà partenaires d'Areva et EDF sur la construction de deux EPR en Chine, pour la division réacteurs. CNNC s'est dit publiquement "ouvert à toutes formes de coopération" et a évoqué des "contacts préliminaires" à ce sujet. Jeudi, les dirigeants d'Areva s'en sont tenus à rappeler l'existence de liens de partenariat avec les groupes chinois. En début d'après-midi, l'action Areva perdait 4,07 % à 7,99 euros dans un marché en baisse de 0,62 %.

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