Sivens : un projet de barrage réduit choisi, les zadistes expulsés

Publié le par Denis PIGNOL

Les zadistes ont été expulsés vendredi après-midi dans le calme. © PASCAL PAVANI / AFP
Les zadistes ont été expulsés vendredi après-midi dans le calme. © PASCAL PAVANI / AFP

Sivens : un projet de barrage réduit choisi, les zadistes expulsés

Le Point - Publié le 06/03/2015 à 10:30 - Modifié le 06/03/2015 à 15:39

Le conseil général du Tarn a voté pour la réalisation d'un barrage réduit par rapport au projet initial. Les gendarmes ont expulsé les zadistes.

Le conseil général du Tarn a donné le signal pour l'expulsion des zadistes de Sivens, qui a commencé à la mi-journée, en votant vendredi matin pour la réalisation d'un barrage réduit par rapport au projet initial, très contesté par les écologistes. "Ceux qui continueraient sur le terrain à s'opposer à la légitimité des élus du territoire, qui ne respecteraient pas l'État de droit, qui ne voudraient pas que les choses s'apaisent, doivent savoir qu'ils trouveront une réponse extrêmement déterminée, extrêmement ferme de l'État, aucune action contre la démocratie ne pourrait être tolérée", a prévenu le Premier ministre Manuel Valls.

À 14 h 45, l'expulsion était terminée. Les gendarmes se sont emparés d'une trentaine de récalcitrants. Douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, et les forces de l'ordre n'avaient pas recensé de blessés, a précisé une source proche du dossier. Après avoir cerné de plus en plus près une trentaine d'occupants qui refusaient de partir, les gendarmes mobiles, en grand nombre, se sont saisis d'eux. Malgré la résistance passive des zadistes qui tentaient de s'accrocher les uns aux autres, les forces de l'ordre ont réussi à les séparer, sur le lieu même où le jeune écologiste Rémi Fraisse était mort le 26 octobre dernier, tué par l'explosion d'une grenade offensive de la gendarmerie. Tandis que plusieurs des interpellés étaient menottés, le gros de la troupe était escorté vers la sortie de la zone par les gendarmes, a constaté l'AFP. Une source préfectorale s'est félicitée de cette "intervention rapide et sans violence".

Projet redimensionné

Il s'est écoulé environ deux heures entre l'entrée sur le site des gendarmes et la prise de contrôle de la zone par les gendarmes mobiles qui étaient plus de 300 mobilisés cette semaine pour empêcher les heurts entre pro et anti-barrages puis pour expulser les zadistes. La justice avait ordonné leur expulsion fin février, mais le gouvernement avait décidé d'attendre le choix du conseil général du Tarn sur une solution de remplacement au projet de barrage initial, écarté mi-janvier par la ministre de l'Écologie Ségolène Royal, qui l'estimait surdimensionné.

Depuis le début de la semaine, 300 gendarmes ont eu du mal à éviter les affrontements entre la quarantaine de zadistes occupant le site et les 200 agriculteurs de la FNSEA venus les assiéger. Après le vote du conseil général par 43 voix sur 46 pour un projet redimensionné, et "l'expulsion sans délai" des zadistes, les agriculteurs pro-barrage ont décidé de lever leur blocus de la zone. "Dans la mesure où le conseil général a pris une décision et que l'expulsion va se faire, on laisse la place aux forces de l'ordre", a déclaré à l'AFP Roland Legrand, président des Jeunes Agriculteurs (JA, section jeune de la FNSEA) du Tarn.

"Apaisement"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait appelé "à l'apaisement" jeudi, tout comme le président national de la FNSEA Xavier Beulin. La préfecture présentait alors comme une mission "d'interposition" le déploiement massif de gendarmes. "En raison du climat de violence", le ministre avait fait interdire par le préfet les deux manifestations opposées prévues devant le conseil général pendant les débats de l'assemblée départementale. Les deux camps ont accepté de renoncer à ces manifestations, mais la tension évitée à Albi s'est recentrée sur Sivens avec le début d'intervention des forces de l'ordre.

Le conseil général du Tarn avait le choix entre deux alternatives réduites à la retenue d'eau de 1,5 million de m3, rejetée par Ségolène Royal. La ministre avait présenté mi-janvier deux solutions de remplacement : un Sivens "light", visant un réservoir réduit de moitié environ, soit 750 000 m3, ou un ensemble de quatre retenues plus petites, une à Sivens et trois autres non loin. Le président du conseil général, le socialiste Thierry Carcenac, a affirmé que le deuxième scénario était trop coûteux et long à réaliser. M. Carcenac a annoncé à l'AFP que des études complémentaires allaient être menées pour préciser le projet redimensionné. "Nous verrons où ce redimensionnement se positionnera", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il existait une "marge de manoeuvre de plus ou moins 10 %" sur la contenance de l'ouvrage par rapport aux 750 000 m3 évoqués par le ministère de l'Écologie.

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