Saccages du mémorial aux victimes des attentats, une fracture française

Publié le par Denis PIGNOL

Saccages du mémorial aux victimes des attentats, une fracture française

Saccages du mémorial aux victimes des attentats, une fracture française

Il ne faut pas cesser de le dire : un pan entier de la jeunesse (et plus généralement de la population) de nationalité française soutient, plus ou moins directement, les terroristes islamistes.

Boulevard Voltaire | Gabriel Robin | Juriste | 23-02-2015

Il ne faut pas cesser de le dire : un pan entier de la jeunesse (et plus généralement de la population) de nationalité française soutient, plus ou moins directement, les terroristes islamistes. Nous avons le devoir de rappeler quotidiennement ces faits, car trop souvent le quatrième pouvoir n’ose pas analyser la situation présente de notre pays à la lumière de la vérité ; de peur de bousculer ses convictions idéologiques profondes, de peur de « stigmatiser ».

Un homme de gauche m’a dit qu’en dénonçant nommément le péril islamiste, je « stigmatisais ». Mais qui, au juste, stigmatisais-je, en dehors des terroristes et des personnes qui ne respectent ni la France, ni ses lois ? Personne. C’est bien ce monsieur qui « amalgamait » tous les musulmans vivant en France aux terroristes, et non moi.

De Copenhague à Paris, certains immigrés récents ne veulent pas se reconnaître dans les valeurs consubstantielles de leurs pays d’accueil et ont décidé de nous mener une guerre. Dans la ville d’Andersen, on a pu voir un rassemblement de 500 personnes priant pour le terroriste mort plutôt que pour ses victimes ; après tout, n’ont-elles pas provoqué leur sort funeste en blasphémant ou par le simple fait d’avoir été de confession juive ? C’est ce raisonnement qui a été tenu dans de nombreux lycées et collèges français, les plus modérés arguant que seul Charb aurait dû mourir mais que c’était un peu « abuser » pour les autres.

À Paris, ce samedi, l’autel dressé en hommage aux 17 victimes de la série d’attentats de janvier a été vandalisé pour la quatrième fois depuis son installation. Des couronnes de fleurs ont été arrachées et des objets cassés. Visiblement, l’« esprit du 11 janvier » n’a pas inspiré tout le monde, pourquoi ne pas, alors, mettre en avant le plus fédérateur et historique esprit français ?

Il est évident que nous vivons aujourd’hui une fracture, il y a incompatibilité d’humeur entre certains Français purement administratifs qui n’auraient jamais dû acquérir la citoyenneté et la population française se reconnaissant dans notre civilisation. Nonobstant les gesticulations forcées de Jean-Christophe Cambadélis, Alain Juppé ou Christiane Taubira, la République n’est pas apaisée et la France encore moins respectée. On ne traite pas les maladies avec des remèdes périmés et un diagnostic faussé par des croyances désormais superstitieuses. Il faut prendre acte que tout le monde ne souhaite pas « vivre ensemble » et que cette obsession se transforme en un « subir ensemble » de plus en plus visible.

N’oublions pas non plus que l’idéologie politique sous-tendant le néo-califat de l’État islamique est inspirée par les écrits de Sayyid Qutb, qui entendait répondre à deux idéologies : l’arabisme et l’Internationale socialiste. Cet islamisme totalisant est donc d’essence mondialiste et transcende tant les frontières que les identités nationales. Nous ne pourrons nous y opposer que par ses antithèses : les cultures différenciées et les nations constituées.

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