Renaud Girard : pourquoi la France doit se réarmer d'urgence

Publié le par Denis PIGNOL

Renaud Girard : pourquoi la France doit se réarmer d'urgence

Renaud Girard : pourquoi la France doit se réarmer d'urgence

Le Figaro | Renaud Girard | Publié le 23/02/2015 à 19:39

Alors que les menaces terroristes sont de plus en plus prégnantes et que les théâtres d'intervention ne cessent de se multiplier, Renaud Girard dénonce les restrictions budgétaires drastiques du budget de la Défense.

Renaud Girard est grand reporter international au Figaro. Il a couvert les grands conflits des trente dernières années. Il est notamment l'auteur d'un ouvrage sur les guerres au Moyen-Orient, Pourquoi Ils se battent (Flammarion, 2006), sur son expérience de l'Afghanistan (Retour à Peshawar, Grasset, 2010) et son dernier ouvrage, «Le Monde en marche», a été publié en 2014 aux éditions CNRS.

Depuis la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide en 1989, les gouvernements français, qu'ils aient été de gauche ou de droite, n'ont cessé de rogner les budgets militaires. Tout s'est passé comme si nos dirigeants s'étaient mis à croire à la «fin de l'Histoire», hardiment exposée par le philosophe américain Francis Fukuyama. Comme s'ils avaient estimé superflu que, dans un monde idéologiquement uniforme, gagné aux idées libérales de l'Occident, la France gardât l'armée puissante et indépendante que lui avait forgée naguère le président Charles de Gaulle.

De manière générale, les tâches régaliennes classiques d'un pays (défense extérieure de ses frontières et de son espace maritime, sécurité intérieure des personnes et des biens, justice efficace et rapide, alphabétisation de la jeunesse) sont, en France, passées progressivement au deuxième plan derrière les nouveaux objectifs «progressistes» d'un État se pensant avant tout comme l'assistante sociale de la population vivant sur son territoire.

Cette politique de lente translation d'un État fort vers un État providence, cette constante diminution des dépenses militaires en faveur d'une constante augmentation des dépenses sociales, a constitué une double erreur stratégique.

De manière générale, les tâches régaliennes classiques d'un pays (défense extérieure de ses frontières et de son espace maritime, sécurité intérieure des personnes et des biens, justice efficace et rapide, alphabétisation de la jeunesse) sont, en France, passées progressivement au deuxième plan derrière les nouveaux objectifs «progressistes» d'un État se pensant avant tout comme l'assistante sociale de la population vivant sur son territoire.

Cette politique de lente translation d'un État fort vers un État providence, cette constante diminution des dépenses militaires en faveur d'une constante augmentation des dépenses sociales, a constitué une double erreur stratégique.

Il est grand temps d'inverser la vapeur: diminuer nos dépenses sociales et augmenter nos dépenses militaires. Il est aberrant de prôner, par souci d'économie budgétaire, l'abandon de l'une des deux composantes de notre force de frappe nucléaire, les FAS (forces aériennes stratégiques), sous prétexte qu'elles seraient redondantes avec nos SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins), équipés des tout récents missiles balistiques intercontinentaux M-51 à têtes multiples. Ce n'est rien comprendre à notre stratégie de dissuasion.

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