Ravages de la vodka : quand Manuel Valls se prend pour Lech Walesa

Publié le par Denis PIGNOL

Ravages de la vodka : quand Manuel Valls se prend pour Lech Walesa

Ravages de la vodka : quand Manuel Valls se prend pour Lech Walesa

Pour les humbles chroniqueurs que nous sommes, il devient harassant de suivre le rythme impulsé par Manuel Valls. Carbure-t-il au fameux « pot belge » ? On est en droit de se le demander.

Boulevard Voltaire | Nicolas Gauthier | Journaliste, écrivain | 13-03-2015

Pour les humbles chroniqueurs que nous sommes, il devient harassant de suivre le rythme impulsé par Manuel Valls. Carbure-t-il au fameux « pot belge » ? On est en droit de se le demander. Et quelles sont les substances utilisées lors de son actuelle visite officielle en Pologne ? Il est tout aussi licite de se poser la question.

Certes, la vodka y est là-bas excellente, mais à doses raisonnables, s’entend. Que les Polonais aient tendance à une exaltation toute slave, qu’ils puissent même se révéler contagieux, la chose est avérée. Mais à ce point…

Ainsi, notre survolté Catalan s’est-il signalé à Gdańsk par une de ces sorties stratosphériques dont il a désormais le secret et qu’il devrait un jour songer à faire breveter, ne serait-ce que pour rendre ses vieux jours un peu moins impécunieux. Bref, à Gdańsk, jadis fief de Lech Wałęsa et du syndicat Solidarność, a-t-il assuré que les valeurs du même syndicat « étaient aujourd’hui mises en cause. Par le terrorisme, bien sûr, mais aussi par la montée du populisme et de l’extrême droite partout en Europe. »

Une fois traduit du Manuel Valls en français, qu’il soit soutenu ou pas, cela signifierait donc que Daech = FN, qu’il pose trois et retient deux et que le résultat de l’équation ne donne même pas l’âge du capitaine.

Maximus Dentatus, un tweeteur farceur, en a donc profité pour mettre en ligne quelques photos de l’âge d’or du Solidarność en question. Là, rien que du lourd. Un Wałęsa fou de la messe – on vous laisse une seconde pour réfléchir – et des curés en soutane comme s’il en pleuvait, dont le défunt père Jerzy Popiełuszko, alors battu à mort par la milice du régime. On ne voit pas très bien le rapport avec le néo-socialisme ultralibéral vallsien sous influence macronienne. Pas plus qu’avec celui des fous furieux de Daech ou d’une Marine Le Pen qui, en l’occurrence, n’avait objectivement rien demandé à personne, et surtout pas à ce condottiere format Playmobil.

Dans la foulée, et en attendant d’en appeler au génocide vendéen et aux mannes d’un Cadoudal ou d’un Charette, notre très sourcilleux Premier ministre, toujours dans le registre du lyrisme de sous-préfecture pour élection cantonale partielle, en rajoute une louche dans la paella : « Ce qui a été extraordinaire, ici, c’est que c’étaient les ouvriers avec des intellectuels, cette symbiose entre ouvriers et intellectuels, qui a fait chuter progressivement la dictature stalinienne, la dictature communiste. C’est un symbole incroyable. »

On ne saurait mieux dire. Et le parallèle d’avec l’actuelle situation française, à défaut d’être « incroyable », demeure pour le moins troublant. Le peuple des « invisibles » au bord de la jacquerie, précédé ou suivi par nombre d’intellectuels : Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Alain de Benoist, Dominique Jamet, Jean-Claude Michéa, Élisabeth Lévy, Éric Zemmour, Alain Soral, Natacha Polony, etc. Tous venus des horizons les plus divers, mais tous ponctuellement réunis pour faire tomber une autre dictature, certes plus douce, mais autrement plus efficace. Celle que Manuel Valls incarne aujourd’hui, aussi molle que tiède.

La « chute », prétend-il ? Voyez le film éponyme d’Oliver Hirschbiegel, sur celle d’Adolf Hitler, interprété par Bruno Ganz, dont la main tremble en permanence, entre Parkinson et masturbation convulsive. Et allez surtout voir, sur Boulevard Voltaire, celle du petit Manu lorsqu’il invective Marion Maréchal-Le Pen, benjamine de l’Assemblée nationale. Saisissant.

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