Pourquoi nous enverrons Charles Martel à Guantánamo

Publié le par Denis PIGNOL

Pourquoi nous enverrons Charles Martel à Guantánamo

Pourquoi nous enverrons Charles Martel à Guantánamo

Il est temps de le dire : cette invasion se passe très bien, et tout le monde s’en fout, sauf une minorité de râleurs qui, dans chaque pays d’Europe, font semblant de s’occuper de ce qui n’importe pas : le futur.

Boulevard Voltaire | Nicolas Bonnal | Ecrivain | 04-05-2015
 

Un milliard d’Africains demandent à venir chez nous. Il y en aura quatre en l’an 2100. On les fera passer à coups de pleurnicherie humanitaire. Vatican II est passé par là et le temps des croisades est bien fini.

On estime, dans la presse italienne, le nombre de musulmans à cinquante-huit millions en Europe. Il y en aura cent millions en 2050, ce qui nous fera une belle vieillesse.

Comme disait Céline, Charles Martel n’avait rien vu !

D’ailleurs, il serait amusant aujourd’hui d’imaginer le destin de Charles Martel ou de Jeanne d’Arc. Le Tribunal pénal international ou Guantánamo pour l’un, l’asile d’aliénés pour l’autre, à qui on ferait lire après son procès la théorie du genre ! Elle en sortirait reconditionnée, de son procès, la pauvre Jeanne, toute prête à bouter hors de France l’ennemi intérieur, le Français de souche (Jacques Le Goff l’avait dit à L’Événement du jeudi, un jour, « qu’elle bouterait aujourd’hui Le Pen hors de France », alors…) !

Les journalistes repartiraient contents, après avoir demandé si Jeanne préfère les filles avec ou sans armure.

Il est temps de le dire : cette invasion se passe très bien, et tout le monde s’en fout, sauf une minorité de râleurs qui, dans chaque pays d’Europe, font semblant de s’occuper de ce qui n’importe pas : le futur.

Voyez ce qui importe un peu partout : Ronaldo-CR7, le PSG, le dernier régime alimentaire, le prochain concert de Madonna, le rendez-vous chez le psy, un magazine sur les piscines, le prochain vol pas cher pour la Floride. Il est temps de s’occuper des questions sérieuses !

On s’estime content, sur Boulevard Voltaire, quand on fait un score de 200 ou 300 commentaires sur un sujet sérieux. Je conseille alors au vaniteux de regarder un clip de Lady Gaga sur YouTube, « True Romance », par exemple. La grossière sorcière fluo fait un milliard de visites par « tube » ; elle suscite plus d’un million de commentaires… J’ai bien dit un million de commentaires ; nous sommes peu de choses et Lady Gaga est le fondement de cette belle société.

Nos contemporains se jugent par de tels exploits, et ils savent ce qu’ils veulent, et s’ils sont fascinés par un tennisman, un footballeur ou une chanteuse de rap, c’est qu’ils ont appris à hiérarchiser les nouvelles valeurs. On comprend alors que les vingt millions de semi-clandestins entrés aux États-Unis depuis l’an 2000 n’intéressent qu’une élite de grincheux, que les médias ont vite fait de dénoncer.

Tocqueville remarquait que nous courions en démocratie après de vains plaisirs. Un grand médecin diabolisé affirmait en 1939 : « On dirait qu’au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre. »

Pas seulement les personnalités, les sociétés aussi.

Un grand ami me disait, avant de mourir en 2007, que les gens réagiraient quand ils auraient plus mal que peur : mais quand on est dirigés par des diététiciens et des sado-maso, où diable peut-on avoir mal ?

On peut encore prier pour son âme.

 

Publié dans presse nationale

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