Nommer les problèmes, c’est commencer à les résoudre

Publié le par Denis PIGNOL

Nommer les problèmes, c’est commencer à les résoudre

Nommer les problèmes, c’est commencer à les résoudre

Les propos du président du CRIF, selon lesquels "toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans", ont suscité bien des polémiques : mais ne traduisent-ils pas une part de vérité ?

Boulevard Voltaire | Jean-Michel Léost | Professeur honoraire | 26-02-2015

Les propos du président du CRIF, selon lesquels « toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans », ont suscité bien des polémiques : mais ne traduisent-ils pas une part de vérité ?

Voilà une vingtaine d’années, deux élèves de sixième, dans une grande ville de province, sont sur le chemin du collège. Soudain, ils sont encerclés par quelques « jeunes », comme on dit déjà, qui, dans un élan de solidarité, veulent les délester de leurs cartables trop lourds. Ils arrivent à s’enfuir. Le professeur de français demande à ses élèves de raconter un événement marquant. L’un des garçons agressés se porte volontaire.
− Très intéressant, dit le professeur. Peux-tu les décrire ?
− Eh bien, ils étaient un peu basanés et…
− Ne dis pas cela, c’est raciste ! interrompt le professeur.

Quelques années plus tard, les deux amis traversent un parc urbain en fin d’après-midi. Surgit une bande de « jeunes » pour les dévaliser. Sous la menace, ils se saisissent d’un portable, d’un peu d’argent. L’un d’eux repère, autour du cou d’un des lycéens, une chaîne avec une médaille.
− Donne !
− Ah non ! C’est ma médaille de baptême, j’y tiens beaucoup.
− Sale chrétien ! lui lance l’autre.

Après le départ des « jeunes », l’un des lycéens, qui a pu sauver son portable en le glissant dans son slip, appelle la police :
− Désolé ! On ne peut pas venir. Vous n’avez rien ? De toute façon… des dizaines de faits similaires se produisent chaque jour. Rentrez chez vous.

Ces deux anecdotes – véridiques – sont caractéristiques d’un phénomène qui a pris de l’ampleur et dont on peut facilement identifier les causes. Le politiquement correct d’abord : ne pas nommer les choses. L’impuissance de la police ensuite, qui manque de moyens, qui sait très bien que des arrestations ne serviront à rien : les « jeunes » seraient relâchés quelques heures plus tard. Le manque de volonté politique, enfin, par lâcheté, par idéologie ou par angélisme. La plupart ont laissé faire, se sont déculottés : la France en subit aujourd’hui les conséquences. Ce ne sont plus de simples rackets, ce sont des quartiers entiers où une minorité fait sa loi, intimidant la majorité, interdisant d’entrée tous ceux qui représentent l’État ; ce sont des écoles, des gymnases, des centres culturels incendiés. Au bout du compte, ce sont les attentats que nous avons connus.

Nos gouvernants commencent à nommer les choses, avec mille précautions : ils sont surtout soucieux de ne pas perdre encore des électeurs. Pourtant, nommer les choses, c’est savoir distinguer, éviter les amalgames, c’est vouloir éduquer dès le plus jeune âge, sévir si nécessaire ; c’est ouvrir la voie à la recherche de solutions durables. Tout ne commence-t-il pas par la transmission de l’amour de la France, de son histoire, de sa langue et de sa culture ? Mais, pour ce faire, encore faut-il aimer la France.

Publié dans presse nationale

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