Les tribulations du porte-avions et du ministre

Publié le par Denis PIGNOL

Les tribulations du porte-avions et du ministre

Les tribulations du porte-avions et du ministre

Le ministre de la Défense n'a pas ménagé ses efforts et déplacements. Ce VRP plus que discret était au centre des négociations avec le président égyptien.

Boulevard Voltaire | Henri Gizardin | Ancien pilote de chasse | 28-02-2015

La réapparition, le 23 février, du porte-avions Charles-de-Gaulle dans le golfe Persique a fait grand bruit dans les médias. Le « fleuron » de la Marine nationale, comme ils se plaisent à le rappeler en boucle pour flatter l’ego tricolore, avait appareillé le 13 janvier de Toulon. La destination était incertaine et, nonobstant le temps de navigation, il était évident que son but premier n’était pas le théâtre des opérations.

On en sait plus désormais, après une attente impatiente de six semaines. Mais contrairement à l’hypothèse que je suggérais le 12 février, les manœuvres de l’océan Indien n’étaient pas destinées à la promotion ultime des Rafale pour l’armée de l’air indienne. Elles avaient pour objectif d’intégrer au mieux cette “task force” dans le dispositif naval dont les Américains ont le contrôle, face à Daech. En opérations, la coordination reste l’un des facteurs essentiels de résultats. Les procédures méritaient donc d’être révisées avec les nouveaux matériels opérationnels, ce qui semble avoir pris « un certain temps ».

Deux Rafale-marine ont effectué une première mission le 25 février. Nul n’a pu ignorer alors que l’armée de l’air, plus discrète ou moins communicante, est « sur le tas » depuis cinq mois et poursuivra à nouveau seule dès avril.

En effet, on apprend que l’implication de l’armada française sera limitée à quelques semaines et que le porte-avions rejoindra bien les eaux indiennes pour des démonstrations destinées à emporter la décision finale de l’état-major indien qui ergote depuis trois ans, conformément à un ADN mercantile et ancestral exigeant. Subitement, d’ailleurs, les dernières nouvelles indiquent que le contrat – initial ? – se réduirait à 24 appareils seulement.

Dans le même temps, le ministre de la Défense n’a pas ménagé ses efforts et déplacements. Ce VRP plus que discret était au centre des négociations avec le président égyptien. Le contrat fut signé en un temps record qui n’a pas surpris que les plus sceptiques.

Il sera avec les marins lors des démonstrations prochaines et l’on entend qu’il pourrait se rendre au Qatar, non pas pour assister à la Coupe du monde de foot mais pour y promouvoir l’excellence du Rafale, notre vedette enfin oscarisée !

Jean-Yves Le Drian, « ministre de la Défense du Commerce », pourrait faire mieux que certains de ses collègues sédentaires en charge pour faire remonter la balance commerciale, ce que les mêmes promettent périodiquement devant les micros sans y croire vraiment.

Publié dans presse nationale

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