Les Républicains : le pari gagnant de Sarkozy ?

Publié le par Denis PIGNOL

Les Républicains : le pari gagnant de Sarkozy ?

Les Républicains : le pari gagnant de Sarkozy ?

L’ancien président de la République, visiblement bien conseillé, semble (enfin) avoir pris conscience de l’importance de défendre les valeurs républicaines face aux revendications communautaires et aux vieilles lunes socialistes.

Boulevard Voltaire | Véronique Bouzou | Professeur de lettres modernes | 07-05-2015

Dans un entretien ce mercredi au Figaro, Nicolas Sarkozy défend les valeurs des Républicains, nouvelle formation politique appelée à remplacer l’UMP. « Notre République qui a trop souvent, ces dernières années, donné le sentiment de céder, ne doit plus reculer. Les Républicains en feront leur premier combat », explique le président de l’UMP. Et d’en profiter pour dénoncer l’aveuglement idéologique des socialistes qui ont tourné le dos aux valeurs républicaines centrales comme l’autorité, le travail, le mérite, la liberté d’entreprendre, la responsabilité et l’identité française. Sans oublier, bien sûr, la laïcité. Sarkozy soutient le proviseur qui a récemment exclu une collégienne portant une longue jupe noire, argument à l’appui : « Imaginez qu’on laisse faire cette jeune fille. Dans trois ans, ce seront celles qui ne portent pas de jupe noire qui seront sous pression ». Il prend également position pour l’interdiction du voile à l’université et dénonce la refondation du programme d’histoire visant à rendre facultative la civilisation chrétienne et européenne au profit d’un cours obligatoire sur l’islam et sa culture.

Difficile de ne pas partager son point de vue sur ces différents sujets qui pourraient séduire une majorité de Français. L’ancien président de la République, visiblement bien conseillé, semble (enfin) avoir pris conscience de l’importance de défendre les valeurs républicaines face aux revendications communautaires et aux vieilles lunes socialistes. Ce qui est plus problématique, c’est de savoir comment il pourra composer avec des ténors de l’UMP qui ne partagent pas du tout cette nouvelle ligne politique. Sur les repas de substitution dans les cantines scolaires, par exemple, Sarkozy est quasiment seul contre tous. Sans surprise, Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet le désavouent sur ce point. Mais il a aussi face à lui des détracteurs plus inattendus comme François Fillon, pourtant à l’origine de la loi sur l’interdiction du voile à l’école, Christian Estrosi, pour qui « l’ennemi, c’est l’islamo-fascisme » ou encore Henri Guaino, habituellement chantre de la laïcité. Quant à Bruno Le Maire, qui a récemment déclaré que « ce sont les religions qui se soumettent à la République et pas l’inverse », cela ne l’empêche pas de défendre étrangement les repas de substitution et le voile à la fac.

Face à une telle levée de boucliers dans son propre camp, on se demande comment Sarkozy pourra respecter ses engagements en matière de laïcité, colonne vertébrale de son nouveau programme. Avec de tels amis, pas besoin d’ennemis. Sarkozy va t-il ramener à la raison ses partenaires politiques, quitte à ce que ces derniers se dédisent ? Peu probable. Peut-il pour autant se passer de leurs services pour divergence de point de vue ? Encore moins probable dans une logique de rassemblement et de conquête électorale. Tel est le dilemme que devra résoudre Nicolas Sarkozy, sans quoi son pari républicain risque de devenir… perdant. Affaire à suivre.

Publié dans presse nationale

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