Les frères Kouachi ? Pauvres petits orphelins ? Et ta sœur ?

Publié le par Denis PIGNOL

Les frères Kouachi ? Pauvres petits orphelins ? Et ta sœur ?

Les frères Kouachi ? Pauvres petits orphelins ? Et ta sœur ?

Pour la bonne bouche et en guise de digestifs, rappelons encore ces quelques noms d’autres orphelins n’ayant pas tous tourné voyous de l’espèce criminelle : Nicolas Copernic, Isaac Newton, Michel-Ange, Jean-Sébastien Bach et quelques autres.

Boulevard Voltaire | Nicolas Gauthier | Journaliste, écrivain | 12-03-2015

Familles, je vous hais… Une formule que le jeune Chabane, cadet de la famille des désormais tristement célèbres frères Kouachi, serait autorisé à reprendre à son compte. Ce qu’il a d’ailleurs un peu fait, à en croire le site Internet de l’hebdomadaire Marianne. « Je suis orphelin et je ne suis pas comme eux », aurait-il aussi déclaré lors d’un traditionnel interrogatoire policier.

Et Chabane Kouachi, jeune licencié de japonais, d’en ajouter une couche posthume : « Ils me considèrent comme un traître. (…) Ils m’ont encore demandé quand je deviendrais musulman. J’ai répondu que je ne serais jamais converti de force, ce qui avait le don de les agacer. » Pauvres types se battant au nom de l’islam, mais ayant, au mieux, lu le Coran de travers. « Pas de foi sous la contrainte », sourate d’ordre canonique, au contraire de celles qu’il convient de remettre dans leur contexte d’origine. Même s’il s’agit de celles sur lesquelles se focalisent à la fois fondamentalistes islamistes et islamophobes alimentaires.

Pauvres gamins, aussi, que ces frères Kouachi, enfants perdus, ignorant que, si l’amour est vertu cardinale du christianisme, pardon et charité sont les équivalents centraux de l’islam. Et le fait qu’ils soient orphelins ne change rien à l’affaire… Excuse de sociologues stagiaires, nous rappelle Marianne, en substance. Enfants perdus de cette fameuse « République », objecteront d’autres fins observateurs. Enfants perdus de la France, surtout ; France se passant, évidemment, des guillemets d’usage.

Que le lecteur me pardonne cette incise, mais lorsque j’étais tout petit gosse, j’étais vu comme Martien dans mon école, parce que fils de divorcés. Quelques décennies plus tard, mes enfants furent à leur tour tenus pour Vénusiens, parce qu’issus d’un couple non divorcé. Et entre-temps, des orphelins, j’en ai connu. Issus de l’Assistance publique, ayant pour la plupart fait de belles carrières tout en fondant d’assez jolies familles ; familles qu’ils voulaient offrir à leur descendance, ce avec d’autant plus de joie qu’eux-mêmes avaient dû se fabriquer tout seuls comme des grands.

D’ailleurs, si l’on évacue le cas Kouachi tout en tordant le cou à cette sociologie d’obédience victimaire, peut-on rappeler ces quelques noms, tous orphelins ou orphelines, orphelines ou orphelins de naissance ou devenus tels à un âge précoce, mais qui, tous et toutes, auront néanmoins laissé quelques traces dans l’humanité ? Dans le désordre, je voudrais juste citer : Steve Jobs (fondateur d’Apple), Jules César (créateur d’Empire romain), Napoléon (sorte de tardif homologue corso-français), George Washington (premier président états-uniens), au même titre que ses successeurs Abraham Lincoln et William Clinton.

Pour la bonne bouche et en guise de digestifs, rappelons encore ces quelques noms d’autres orphelins n’ayant pas tous tourné voyous de l’espèce criminelle : Nicolas Copernic, Isaac Newton, Michel-Ange, Jean-Sébastien Bach et quelques autres, dont notre bien-aimé Mark Twain.

Alors les explications de bonnes sœurs laïques, ça kouachie un peu dans la colle, à condition que nos lecteurs veuillent bien nous faire grâce de cette triviale expression.

Publié dans presse nationale

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