Les fatwas en France, c’est pour demain ?

Publié le par Denis PIGNOL

Les fatwas en France, c’est pour demain ?

Les fatwas en France, c’est pour demain ?

Autorisation ou non de sex toy pour les femmes célibataires ? Fatwa. Peuvent-elles acheter des esclaves masculins (Koweït) ? Fatwa.

Boulevard Voltaire | Caroline Artus | Ancien chef d'entreprise | 07-03-2015

« Les religions doivent rester à leur place », « […] Je ne voudrais pas qu’elles interfèrent dans le débat public. » Déclarations du candidat Hollande en 2011 et 2012.

Quatre ans plus tard, l’islam s’invite à l’Assemblée nationale avec son porte-parole Mohamed Zaïdouni – le président du conseil régional du culte musulman de Bretagne –, lequel entend donner de l’éclat au CFCM en plaidant, ce 5 mars, pour « l’instauration d’un Conseil religieux » chargé de développer un islam à la française, via des « fatwas » adaptées au contexte local.

Des fatwas ? En France ? Dans une République laïque ? Des fatwas, qui sont des « avis religieux » édictant le licite ou l’illicite – non prévus dans la loi coranique – concernant les comportements à tenir dans la vie quotidienne comme dans la vie politique, émises par tout un chacun, mais le plus souvent par des « éminents juristes », de « célèbres prédicateurs », et en particulier par l’université égyptienne Al-Azhar, la plus grande productrice en la matière dans le monde musulman.

Des fatwas qui, d’après ce que l’on comprend des déclarations de M. Zaïdouni, permettraient de mettre de l’ordre dans tout ce fatras de textes sacrés à cause desquels « tout le monde fait l’islam à sa sauce ».

Mais alors, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le Conseil français du culte musulman (CFCM), les Jeunes musulmans de France (JMF), les Étudiants musulmans de France (EMF), les Comités de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), le Rassemblement des musulmans de France (RMF) et autres Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), ils comptent pour des prunes ?

Des fatwas, donc. Comment alors M. Zaïdouni imagine-t-il la relation de ces fatwas avec notre bel empilement législatif, sans parler de celui de l’Union européenne ? Juxtaposition, subordination de l’un à l’autre… ou de l’autre à l’un, que sais-je ?

Des avis religieux qui, un jour, seront peut-être discutés avec les députés de la République française ? Des exemples :

Comment tuer les fourmis et les insectes nuisibles ? Fatwa.

Autorisation ou non de sex toy pour les femmes célibataires ? Fatwa.

Peuvent-elles acheter des esclaves masculins (Koweït) ? Fatwa.

Alcool consommé avec modération (Égypte) ? Fatwa.

« L’islam autorise l’acte sexuel sur un cadavre quelques heures après sa mort » : fatwa controversée du cheikh marocain Abdelbari Zemzami.

Fatwa du cheikh Abdul Aziz Abdullah, du golfe Persique, en mars 2012 : « destruction de toutes les églises de la région ».

Implants mammaires ? Fatwa.

Les fatwas ? Un grand fourre-tout au parfum moyenâgeux, destiné à régenter tous les actes de la vie quotidienne, que le président du CFCM de Bretagne souhaite émettre et adapter « au contexte local ». En langue bretonne ?

Mais il y en a une qui tient le pompon, c’est celle à propos de certaines pratiques sexuelles controversées, ou plutôt… inversées. Licite ou illicite ? Fatwa « oui » ou fatwa « non » ? Au terme d’un grand débat qui a agité les musulmans et les musulmanes pendant des années, c’est la fatwa « oui » qui l’a emporté…

Au moins une fatwa de réglée si, on ne sait jamais, Hollande, Valls et Cazeneuve donnaient leur feu vert à Mohamed Zaïdouni à émettre des fatwas à l’Assemblée nationale !

Publié dans presse nationale

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