Les excès de vitesse de M. Estrosi et Bip Bip

Publié le par Denis PIGNOL

Les excès de vitesse de M. Estrosi et Bip Bip

Les excès de vitesse de M. Estrosi et Bip Bip

Visiblement, M. Estrosi confond vitesse et précipitation.

Boulevard Voltaire | Georges Michel | Colonel à la retraite | 22-05-2015

Visiblement, M. Estrosi confond vitesse et précipitation. On peut comprendre et pardonner ce petit défaut de la part d’un ancien champion motocycliste, mais avouons que c’est tout de même un tantinet inquiétant pour quelqu’un qui aspire à gouverner une région de près de six millions d’habitants et dotée d’un budget deux fois milliardaire. En effet, par deux fois cette semaine, et sur des sujets très différents, M. Estrosi nous a montré qu’il avait une tendance quasi « rantanplesque » à partir vite sur des tas de sujets. Il est vrai, aussi, qu’il est parti très vite en campagne, encouragé par son maître Lucky Lucke qui tire plus vite que son ombre.

Mieux que Rantanplan, à la réflexion, je lui trouve quelque chose, non pas de Tennessee, mais de Coyote, vous savez, le personnage de dessin animé qui n’avait de cesse d’inventer des stratagèmes loufoques et foireux pour attraper le bel oiseau bleu Bip Bip. Et il faut reconnaître qu’actuellement avec M. Estrosi, c’est un véritable festival de bande dessinée qui nous est offert.

Bip Bip. L’oiseau bleu marine commente dans un tweet le verdict relaxant les policiers de Clichy et n’hésite pas à qualifier justement de racailles les voyous qui mirent à feu et à sang nos banlieues en 2005. Coyote se précipite alors sur un plateau de télé et qualifie de délinquants les deux jeunes malheureux électrocutés dans le transformateur. Délinquants, s’étonne le journaliste ? Eh oui, répond M. Estrosi : ils étaient en excès de vitesse… Christiane Taubira s’empresse alors de relever que les deux jeunes étaient à pied. Être en excès de vitesse à pied : il faut le faire. S’offrir le luxe sur un plateau (télé) de se faire ridiculiser et en plus par Christiane Taubira : il faut le faire aussi. M. Estrosi l’a fait. En Corée du Nord, on en a dégommé au canon de 20 pour moins que ça… Dans la précipitation, M. Estrosi a en effet confondu deux affaires : celle de Clichy-sous-Bois en 2005 et celle de Villiers-le-Bel en 2007, dans laquelle deux adolescents avaient été renversés par une voiture de police.

Bip Bip. L’oiseau bleu marine tarde à se déclarer dans la campagne des régionales. Pour Coyote qui n’y tient plus de savoir contre qui il va concourir, la réflexion devient de l’hésitation. Tu m’étonnes ! Je cite son tweet du 19 mai : « Diriger une région c’est prendre des décisions. Quand on hésite à être candidat, quand on a le bras qui tremble, c’est incompatible. » M. Estrosi, qui a sans doute plus lu Moto Journal ou Bibi Fricotin que Machiavel et de Gaulle, ignore peut-être qu’en politique, ce n’est pas forcément le premier qui part qui gagne. De Gaulle, justement. En 1965, il annonça sa candidature le 5 novembre, un mois à peine avant le premier tour alors que les autres candidats s’étaient déclarés depuis longtemps. Mais depuis que les très lointains héritiers du Général ont transformé notre vie politique en campagne électorale permanente, la précipitation serait devenue une vertu.

Nous sommes en mai. Les régionales auront lieu en décembre. Un peu de patience, donc. « La patience est l’art d’espérer », disait Vauvenargues.

Bip Bip !

Publié dans presse nationale

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