Les candidats FN sont-ils capables de gagner les départementales et gérer des collectivités ?

Publié le par Denis PIGNOL

Les candidats FN sont-ils capables de gagner les départementales et gérer des collectivités ?

Les candidats FN sont-ils capables de gagner les départementales et gérer des collectivités ?

Lagauchematuer | Paul Le Réactionnaire | Blogueur | 10 mars 2015

Il y a quelques jours des candidats FN ont exprimé leurs inquiétudes sur les résultats des prochaines élections cantonales. Inquiétudes ne concernant pas les résultats en eux-mêmes mais sur la capacité de ces jeunes candidats à pouvoir mener à bien le projet FN dans leur département respectif.

Certains commentateurs ont vu là le manque de cadres du parti de Marine Le Pen et son incapacité à trouver des candidats compétents. C’est une erreur. En tant qu’ancien militant UMP je ne souhaite pas me faire (encore une fois) l’avocat du FN mais, en toute objectivité, il faut reconnaitre qu’il existe des différences notables (et positives) entre le parti lepéniste et des partis plus traditionnels.

Lors des dernières municipales tous les partis ont présenté de jeunes candidats. Le plus jeune maire de France, élu en 2014, est Robin Reda, 22 ans, candidat sur liste UMP. Ce dernier déloge la gauche au pouvoir depuis…40 ans. C’est un exploit, il ne faut pas le nier. Cependant, on constatera que l’UMP a envoyé un jeune homme, étudiant à Science-Po, au casse pipe. Le talent du jeune homme et de son équipe a fait le reste. Mais le pari était risqué.

C’est comme cela que l’on se frotte à l’adversité en politique. C’est comme cela que l’on devient une bête politique. Une machine à gagner, certes, mais pas une machine à diriger.

Le FN qui, pour la première fois de son histoire, présente des candidats sur 98% du territoire, manque en effet de candidats. Le parti aurait pu choisir, comme l’auraient fait les partis traditionnels via le jeu des alliances, de ne présenter que des candidats capables. Mais, le FN, parti proche des français, tire ses cadres et l’ensemble de ses candidats des « français de la rue », disons du français « commun » et non des élites sortant de Science-Po et de l’ENA.

Ce pari n’est pas un gage de réussite. Mais, les candidats qui se présentent sous la bannière du FN ne sont pas, dans leur majorité, de jeunes loups de la politique. Ce sont des français comme vous et moi qui, on peut l’espérer, sont en phase avec les problèmes des français. Une expérience d’élu dans un département sera une bonne école pour les futurs jeunes élus du FN.

Ainsi, à la crise de confiance que connait la classe politique dans son ensemble, Marine Le Pen propose autre chose aux français : de jeunes candidats, certes pas très expérimentés, mais proches des gens.

En conclusion, le parti lepeniste n’est pas encore apte à diriger le pays mais sa représentation dans les départements et les régions devrait donner un nouveau souffle à la France. Ce n’est donc pas d’un manque de cadres dont souffre le FN, c’est encore d’une énième tentative de diabolisation de la caste médiatico-politique dirigeante. Cette stratégie là risque de se retourner violemment contre elle. Nous en avons eu un avant goût aux européennes.

Publié dans presse nationale

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