Le sort des chrétiens au Moyen-Orient

Publié le par Denis PIGNOL

Le sort des chrétiens au Moyen-Orient

Le sort des chrétiens au Moyen-Orient

Dans Le Figaro du 6 mars 2015, le prolifique écrivain diplomate libanais Salah Stétié s'exprimait sur le sort réservé aux chrétiens au Moyen-Orient...

Boulevard Voltaire | Silvio Molenaar | Nouvelliste | 09-03-2015

Dans Le Figaro du 6 mars 2015, le prolifique écrivain diplomate libanais Salah Stétié s’exprimait sur le sort réservé aux chrétiens au Moyen-Orient, les suppliant notamment de ne pas céder à la panique, de ne pas partir : « Que ferions-nous, nous les musulmans, sans eux, sans leur présence, qui fut souvent pour tous les peuples de cette région synonyme de progrès à tous les niveaux ? » Il s’agit là de la conclusion de l’article, ou peu s’en faut, nous y reviendrons. Son propos débute par la sourate 3, 45 : « Ô Marie Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’un verbe émanant de Lui : son nom est le Messie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu… » La sourate 5, 82, rappelle Salah Stétié, dit aussi : « Tu constateras que les hommes les plus proches des croyants par l’amitié sont ceux qui disent : Oui, nous sommes chrétiens ! »… L’écrivain commente plus loin : « Le Coran dit bien d’autres choses. Mais rien ni personne ne peut faire que ces mots tout d’affection et d’espérance à l’égard des chrétiens ne soient inscrits pour l’éternité […] dans le livre sacré de l’islam. » Le « rien ni personne » incluant, nous le supposerons, l’État islamique…

Sauf mon respect pour l’immense culture de l’auteur, ni en mettant en doute la sincérité de son amitié exprimée à l’égard des chrétiens ici, le parfum de miel et de sucre me semblant émaner de l’article m’inspire doute et méfiance. Non pas monsieur Stétié, mais puisqu’il évoque le Coran… « Jésus, fils de Marie »… la larme à l’œil, certes, mais surtout et au passage « Fils de Dieu » pour les chrétiens, petit détail peut-être, mais en opposition radicale avec le Coran, parole de Dieu incréée pour les musulmans. Nul ne sait pour l’heure ce que les « mots d’affection et d’espérance » à l’égard des chrétiens dans le Coran, et si chers à monsieur Stétié, deviennent dans la sourate 9, 30 du même livre […] « Les chrétiens disent : le Christ est fils d’Allah. Telle est leur parole provenant de leur bouche. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! »

S’agissant de l’État islamique, peut-être monsieur Stétié aurait-il pu commencer par là ? Soit Jésus est le fils de Dieu (chrétiens), soit il ne l’est pas (musulmans). Si chrétiens et musulmans peuvent-être sincèrement amis en campant sur leurs positions respectives, je signe. Nous pourrions également évoquer l’apostasie en islam… À en croire Moh-Christophe Bilek, musulman converti au christianisme (Famille chrétienne du 7 au 13 mars 2015), l’islam prévoit la peine de mort pour l’apostasie. Monsieur Stétié pourrait-il confirmer ou démentir ?

Pour revenir à la conclusion de l’article de Salah Stétié, qui porte d’ailleurs en titre ces deux mêmes mots, il dit : « J’ai honte. j’ai honte avec tous ceux qui, aujourd’hui, ont honte. Honte, terriblement. » Ne soyez pas honteux, Monsieur Stétié, pour des crimes que vous n’avez pas commis ! Ce poison sournois, nous le connaissons par cœur, utilisé chez nous à profusion par les mensonges vicelards d’un antiracisme dévoyé et revanchard. Nous préférerions la clarté à la honte. Répondez-nous simplement si Jésus peut être le fils de Dieu sans que cela nous coûte notre amitié, ou si un jour nous pourrions espérer voir des musulmans rejoindre l’Église sans que cela leur coûte la vie ?

Publié dans presse nationale

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