Le PS entrera-t-il en agonie le 22 mars ?

Publié le par Denis PIGNOL

Le PS entrera-t-il en agonie le 22 mars ?

Le PS entrera-t-il en agonie le 22 mars ?

Si les sondages venaient à être confirmés à l’occasion du premier tour des élections départementales dimanche 22 mars prochain, le PS devrait enregistrer une défaite historique.

Boulevard Voltaire | François Falcon | Satiriste polémiste | 07-03-2015

Si les sondages venaient à être confirmés à l’occasion du premier tour des élections départementales dimanche 22 mars prochain, le PS devrait enregistrer une défaite historique.

Crédités de 20 % des voix en moyenne contre des prévisions avoisinant les 30 % pour ses concurrents de l’UMP et du FN, les candidats du Parti socialiste seraient, en effet, éliminés dès le premier tour dans un nombre considérable de cas. Partout où ils arriveront en troisième position – et cela risque de concerner une grande majorité des 2.054 nouveaux cantons -, les candidats socialistes ne pourront se maintenir pour le second tour qu’à condition de franchir le seuil des 12,5 % des inscrits. Comme les sondeurs s’attendent à une abstention supérieure à 55 %, cela suppose de dépasser les 27 ou 28 % des votes exprimés, ce qui est loin d’être acquis. Par une belle ironie de l’Histoire, cette règle des 12,5 % adoptée en 2011 afin d’empêcher le FN de venir troubler le paisible bipartisme UMP-PS va se retourner contre ses concepteurs. À la clef, un nombre exceptionnel de duels UMP-FN le 29 mars et la perte d’une quarantaine de départements pour le PS, à commencer par le très symbolique département de Corrèze.

Si le principal bénéficiaire de cette Bérézina annoncée devrait encore être l’UMP, ce premier tour des élections cantonales pourrait cependant s’avérer être un tournant politique majeur : il pourrait tout bonnement sonner le glas du PS qui, après avoir perdu son socle électoral, perdrait son socle militant et entrerait dans le cercle vicieux mortel vécu par le PC dans les années 90.

Rue de Solférino, on peine déjà pour trouver des candidats prêts à assumer le logo à la rose – le PS ne sera d’ailleurs représenté que dans 77 % des cantons contre 93 % pour le FN -, et plus, encore, à trouver des militants prêts à aller tracter sur les marchés ou à faire du porte-à-porte par peur de voir ladite porte leur claquer à la figure. Les militants FN connaissent ces vexations mais elles sont de plus en plus souvent compensées par des marques ostensibles de sympathie. Si le résultat des élections venait à confirmer que l’étiquette PS est devenu un gage de défaite, la source militante pourrait se tarir brutalement au moment même où des milliers de frontistes jusque-là hésitants franchiront le Rubicon et proposeront leurs services à Marine Le Pen, séduits par les perspectives de victoire.

Nous assisterions alors à l’un de ces chassés-croisés politiques déjà observés dans l’Histoire. Au Royaume-Uni, par exemple, le Parti travailliste fondé en 1900 fut longtemps marginalisé par le mode de scrutin uninominal et par sa réputation sulfureuse, mais à partir de 1924, il était devenu capable de concurrencer le Parti libéral, que les classes populaires avaient jusque-là considéré comme leur représentant naturel. Les traditionnels duels entre le Parti libéral et le Parti conservateur ont alors été remplacés par des duels entre le Parti travailliste et le Parti conservateur, tout comme aujourd’hui les duels UMP-FN tendent à remplacer les duels UMP-PS, PS désormais perçu comme le parti des minorités vindicatives et des œuvres d’art gonflables. Comme au Royaume-Uni jadis, le tripartisme FN-UMP-PS pourrait donc rapidement céder la place à un nouveau bipartisme UMP-FN, le PS agonisant péniblement dans l’indifférence générale.
Reste à savoir qui serait le parti de gauche et qui serait le parti de droite dans cette nouvelle configuration. Si l’on considère que le marqueur de la droite, c’est le souci de l’ordre et le bon sens, alors le FN ferait figure de parti de droite et l’UMP serait le parti de gauche. En revanche, si l’on considère comme un marqueur de droite le libéralisme et l’adhésion à la mondialisation, l’UMP resterait – sous un nouveau nom – le grand parti de droite et c’est le FN qui deviendrait le nouveau parti anticapitaliste !

Publié dans presse nationale

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