Le dernier argument à la mode : le physique des candidats FN !

Publié le par Denis PIGNOL

Le dernier argument à la mode : le physique des candidats FN !

Le dernier argument à la mode : le physique des candidats FN !

Les gars sont blancs et ont le malheur de pointer au FN : aucune bonne âme de gauche pour jouer les humanistes.

Boulevard Voltaire | Charlotte d'Ornellas | Journaliste indépendante | 13-03-2015

Mardi, Manuel Valls enflammait les réseaux sociaux à cause de son intervention d’une rare (sauf chez lui) agressivité contre Marion Maréchal-Le Pen à l’Assemblée nationale : « Jusqu’au bout je mènerai campagne pour vous stigmatiser. »

Le lendemain, Najat Vallaud-Belkacem affirmait que ce dernier avait « parfaitement raison » d’attaquer le FN, puisque c’était « le combat de sa vie ». Les millions de chômeurs, les centaines de milliers de personnes agressées et les familles des victimes des récents attentats apprécieront.

Mais certains ont récemment trouvé des arguments de poids : le physique des candidats du FN !

C’est le cas du maire UDI de Mennecy Jean-Philippe Dugoin-Clément qui tweetait, mercredi : « Aux urnes citoyens, voici de quoi vous donner envie de voter pour l’extrême droite… Voili, voilà, voilou », accompagné de quatre photos de candidats aux looks un peu dépassés par les codes de la mode 2015, certes.

Sauf que l’on évite de tacler des candidats sur leur physique (faute de mieux, sans doute) quand on a pris quatre mois de prison avec sursis en 2001… Parce que cet homme est le fils de Xavier Dugoin et que les deux avaient été condamnés après avoir volé en 1998 plus de 1.200 bouteilles de vins de grands crus dans les caves du conseil général de l’Essonne, que le père présidait depuis 1988. Des bouteilles qui avaient ensuite été revendues grâce à de fausses factures et quelques sociétés écrans étrangères, avant que l’argent liquide blanchi ne revienne sur les comptes de Xavier Dugoin…

Entre l’honnêteté et une coupe de cheveux un peu vieux jeu, nul doute que les électeurs sauront choisir.

Mais le physique de certains candidats FN a également fait parler le journaliste de France 2 Michel Mompontet, qui tweetait, lundi : « Les visages de l’espérance selon le FN. #Scary. »

En pleine campagne électorale, un journaliste du service public, lui aussi financé par le contribuable, se permet donc d’insulter des citoyens français, candidats d’un parti largement plébiscité par les Français. Joli.

Une troisième, Inès Chahbi-Bouillon, « responsable communication » au département UMP de l’Indre-et-Loire, tweetait, mercredi : « Chuck Norris et Jeanne Moreau candidats FN aux départementales ! L’espoir fait vivre, les gars ! »

Deux autres, Freddy Roy, collaborateur de cabinet d’une collectivité territoriale et Jean-Luc Vayssière, président de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines s’amusaient à parler des candidats de « blaireauland »… Bref, tout le gratin.

Ces tweets révèlent non seulement l’absence crasse d’arguments, mais également le racisme « cool » qui existe bel et bien en France : ce genre de tweet, par des personnes publiques, est typiquement celui qui aurait provoqué un scandale si les candidats n’avaient pas été de bons petits Français de souche.

Quelques jours après que Valls a parlé d’« apartheid social », ces moqueries ne choquent personne : il s’agit pourtant bien d’une véritable attaque contre le physique, l’apparence, et même la « classe » sociale des candidats. Mais les gars sont blancs et ont le malheur de pointer au FN : aucune bonne âme de gauche pour jouer les humanistes.

Ces attaques minables viennent d’un système paniqué par l’agonie de son idéologie, plus impopulaire que jamais. Peu de chance qu’un tel argumentaire retienne l’attention de ces Français exténués par des décennies de magouilles politico-médiatiques et qui ont désormais choisi le FN.

Publié dans presse nationale

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