Le chômage repart à la hausse en février

Publié le par Denis PIGNOL

Les chiffres du chômage ont été publiés ce mercredi. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Les chiffres du chômage ont été publiés ce mercredi. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le chômage repart à la hausse en février

Le Point - Publié le 25/03/2015 à 18:06 - Modifié le 25/03/2015 à 18:43

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a augmenté de 0,4 % par rapport à janvier (+12 800 chômeurs) pour s'établir à à 3 494 400.

En mauvaise posture alors que le PS a été éliminé d'un quart des cantons dès le premier tour des départementales, le gouvernement tablait sur une bonne nouvelle pour se relancer dans la campagne. Raté : le chômage est reparti à la hausse en février après l'éphémère baisse de janvier. Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a augmenté de 0,4 % (soit 12 800 chômeurs de plus) pour s'établir à 3 494 400. Sur un an, la hausse atteint 4,6 %.

Pire, la hausse touche également les chômeurs en "activité réduite". Leur nombre atteint 1 768 100 en France métropolitaine. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C s'établit à 5 262 500 fin février et à 5 561 000 en intégrant les Dom), soit une hausse de 0,6 % (+ 30 400) par rapport à janvier et 6,5 % sur un an.

Rebsamen met en avant un chiffre "encourageant"

Plutôt que de commenter ces mauvais chiffres, le ministre du Travail François Rebsamen préfère mettre l'accent, dans un communiqué, sur la légère baisse (- 6.300, -0,2 %) enregistrée en catégorie A (sans aucune activité) sur les deux premiers mois de l'année. Un chiffre "encourageant", selon lui, et une "première" depuis 2008.

Autre élément de satisfaction pour M. Rebsamen : le chômage des jeunes baisse pour le deuxième mois consécutif (- 0,3 % sur un mois), mais reste stable sur un an. Cela atteste, selon le ministre, du "succès" des dispositifs en faveur des jeunes (emplois d'avenir, garantie jeunes). En revanche, la situation continue de se dégrader pour les seniors : + 0,7 % sur un mois, +9,1% sur un an.

Même constat pour le chômage de longue durée. Fin février, petite activité comprise, 2,28 millions de personnes pointaient à Pôle emploi depuis plus d'un an, un chiffre en explosion (+ 0,8 % en février, + 9,5 % sur un an).

Le chômage repart à la hausse en février
Un air de déjà-vu

Ces mauvais chiffres tombent mal pour la majorité, à quatre jours du second tour des départementales. D'autant qu'elle est déjà en mauvaise posture après avoir été éliminée d'un quart des cantons dès le premier tour.

Ce scénario a un air de déjà-vu pour le gouvernement. Il y a un an quasiment jour pour jour, l'entre-deux tours des municipales avait été marqué par un bond du chômage. Quatre jours plus tard, la gauche avait subi une cinglante défaite, perdant plus de 150 villes de plus de 9 000 habitants.

L'exécutif avait pourtant laissé entendre, par la voix de sa secrétaire d'État au Commerce Carole Delga, qu'il attendait une "nouvelle plutôt favorable" ce mercredi. Mais ces chiffres sont conformes à la plupart des prévisions. L'Unedic tablait en janvier sur 104 000 chômeurs supplémentaires en métropole sur l'année, quand l'Insee voyait son taux de chômage grimper à 10,2 % d'ici à mi-2015, contre 10,0 % fin 2014.

Critiques de l'opposition

Le Premier ministre Manuel Valls a d'ailleurs concédé lundi que "tant que nous n'avons pas un niveau de croissance suffisant, c'est-à-dire au-dessus de 1,5 %, c'est difficile de faire baisser le chômage". Or, le gouvernement prévoit une croissance de 1 % cette année. Son ministre du Travail promet malgré tout "une année 2015 meilleure que 2014", avec "une stabilisation, voire une baisse du chômage" à la fin de l'année.

En attendant, l'opposition ne compte pas cesser le feu, surtout en période électorale. Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a prédit "beaucoup plus de chômeurs" en France "à la fin 2015". "Quand le chômage baissera, M. Hollande, c'est que vous serez parti", avait-il déjà lancé début mars lors d'un meeting à Marseille. De son côté, le Front national prospère dans les territoires les plus ravagés par le chômage. Marine Le Pen espère remporter le Vaucluse et l'Aisne, deux des départements les plus touchés.

Mais malgré les échecs électoraux, l'exécutif exclut de changer de cap. Le président a prévenu avant le premier tour : "Il n'y aura pas de changement, ni de ligne ni de Premier ministre."

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