Le Charles-de-Gaulle est engagé contre Daech : pour quoi faire ?

Publié le par Denis PIGNOL

Le Charles-de-Gaulle est engagé contre Daech : pour quoi faire ?

Le Charles-de-Gaulle est engagé contre Daech : pour quoi faire ?

Un gigantesque porte-avions nucléaire armé jusqu'aux dents de missiles nucléaires, engagé contre une poignée de guérilleros crasseux, enturbannés et barbus jusqu'aux oreilles.

Boulevard Voltaire | Yves-Marie Laulan |Ancien président du Comité économique de l’OTAN | 25-02-2015

Au risque de jouer une fois de plus les rabat-joie, tout ce tintamarre militaro-politique est un peu grotesque. Pensez donc. Un gigantesque porte-avions nucléaire armé jusqu’aux dents de missiles nucléaires, engagé contre une poignée de guérilleros crasseux, enturbannés et barbus jusqu’aux oreilles. Pourquoi pas lancer des missiles nucléaires sur les sables du désert ? En fait, il est permis de penser que cette pantomime cache la totale impuissance de la France et de ses alliés à lutter contre Daech…

C’est un peu la réplique du positionnement en France de plusieurs milliers de soldats transis et armés de fusils d’assaut devant nos portes cochères parisiennes. Cela fait joli. Cela rassure le bon peuple qui peut s’en aller le cœur en paix s’ébattre aux sports d’hiver. Mais cela ne rime à rien. Comme si les terroristes cachés dans nos banlieues allaient sottement agresser les factionnaires en armes postés devant les lieux sensibles. Et si même ils le faisaient, ce serait sans doute un beau gâchis. Car comment nos braves pioupious gelés et surpris auraient-ils le temps de « dégainer » en cas d’agression ?

On retrouve dans l’envoi du Charles-de-Gaulle le même souci que ce que les militaires appellent joliment faire de la « gesticulation ». Il faut montrer au bon peuple que le gouvernement est actif et déterminé à faire quelque chose, tout en sachant que ce « quelque chose » n’est pas grand-chose. La réalité de terrain est que la seule façon de combattre efficacement des mouvement insurrectionnels de type Daech est d’envoyer des troupes aguerries contre l’ennemi, au sol, sur le terrain.

Le hic est que ce dispositif ne peut qu’entraîner des pertes humaines sensibles. Car, avant l’Irak, il y a eu l’interminable guerre en Afghanistan. Et avant l’Afghanistan, il y avait eu, déjà, l’Irak de Saddam Hussein et la guerre du Golfe. Et aujourd’hui le Mali. On n’en sort pas. On dirait que l’Occident, et la France en particulier, sont engagés dans une guerre de 100 ans contre un ennemi invisible, telle une hydre aux tentacules toujours renaissants ; alors, autant sortir la grosse artillerie qui ne sert à rien mais qui fait beaucoup de bruit. C’est le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Publié dans presse nationale

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