La religion : pour qui ? Pour quoi ?

Publié le par Denis PIGNOL

La religion : pour qui ? Pour quoi ?

La religion : pour qui ? Pour quoi ?

Depuis longtemps, les gouvernements ne s’étaient pas autant intéressés aux religions, et plus particulièrement récemment à l’islam, devenu la deuxième religion pratiquée en France. Ainsi Manuel Valls à Strasbourg mardi dernier...

Boulevard Voltaire | Paul Bernard | Préfet de région honoraire | 06-03-2015

Depuis longtemps, les gouvernements ne s’étaient pas autant intéressés aux religions, et plus particulièrement récemment à l’islam, devenu la deuxième religion pratiquée en France. Ainsi Manuel Valls à Strasbourg mardi dernier…

On peut rappeler que, pour André Malraux, le XXIe siècle devait être religieux. De nos jours, plusieurs raisons peuvent expliquer cette nouvelle et insistante approche politique. L’obsession des racismes en tous genres, le clientélisme électoral, le tragique bruit de fond de la barbarie internationale : autant de préoccupations qui placent la religion au cœur du débat public.

Par une sorte de paradoxe surprenant, c’est au moment où le peuple français a tendance à oublier sa foi ancestrale que l’on s’occupe davantage de la religion des autres. De même, cette nouvelle priorité est peut-être le moyen de faire oublier la traditionnelle religion de la patrie ainsi que ses problèmes vitaux que l’on ne parvient pas à résoudre.

De toute façon, on ne peut bien traiter les sujets que dans la mesure où l’on est capable de les définir. En effet, la caractéristique du débat public d’aujourd’hui consiste à agiter du verbiage sans se préoccuper de la signification des thèmes abordés.

C’est donc le moment de se poser des questions sur le sens et l’esprit des différentes confessions. Une grille de références peut être utile pour clarifier un débat obscurci en permanence par les non-dits, les arrière-pensées, les diversions tactiques.

Quelques considérations sont de nature à éclairer une comparaison interconfessionnelle.

– S’agit-il de l’homme ou de la société ? La religion, qui relie l’homme à l’au-delà, est une dimension de l’âme. La croyance qui appartient à l’individu ne doit-elle pas s’opposer à toute ingérence dans la vie intime de chacun ?

– La liberté permet-elle le choix dégagé de toute pression sociale, la possibilité du retrait ou de la conversion ?

– La laïcité doit-elle inspirer la discrétion et exclure tout exhibitionnisme de signes distinctifs ou ostentatoires ?

– La justice ne doit-elle pas conduire à la condamnation explicite de toutes déviations radicales, dangereuses pour la société humaine, selon l’exemple responsable de la chrétienté, recourant à l’excommunication du schisme intégriste ?

– La finalité est-elle la paix ou la conquête ?

Il n’est donc pas nécessaire de s’appuyer sans cesse sur les principes républicains. Il devrait suffire de rappeler que la pratique religieuse trouve sa source et ses limites dans des lois naturelles indispensables à la paix civile dans toutes les sociétés humaines.

Quant au gouvernement laïque, il devrait prendre ses distances avec l’organisation des religions, car elle relève d’une stricte affaire privée concernant les pratiquants, sous réserve d’exiger d’eux le respect des lois et de l’ordre public. Il pourrait ainsi mieux démontrer sa capacité à gérer les problèmes publics dont il a la responsabilité directe.

Publié dans presse nationale

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