La femme est-elle l’avenir de la politique ?

Publié le par Denis PIGNOL

La femme est-elle l’avenir de la politique ?

La femme est-elle l’avenir de la politique ?

D’après un sondage BVA-Orange, 94 % des sondés seraient prêts à élire une présidente de la République pour diriger le pays. Mais pas n’importe laquelle.

Boulevard Voltaire | Eloïse Gloria | Journaliste | 09-03-2015

Si, selon Aragon, la femme est l’avenir de l’homme, elle pourrait bien être aussi celui de la politique pour les Français. D’après un sondage BVA-Orange, 94 % des sondés seraient prêts à élire une présidente de la République pour diriger le pays. Mais pas n’importe laquelle : Christine Lagarde, Marine Le Pen et Ségolène Royal arrivent en tête du classement IFOP-JDD de celles « dont ils souhaiteraient qu’elles jouent un rôle plus important dans la vie politique à l’avenir ». Très différentes en apparence, elles ont toutes trois en commun ce mélange de ténacité, de rigueur, de prestance, d’endurance qui leur confère une stature de présidentiable, conjugué à un bon sens et un franc-parler peu répandus dans le monde politico-médiatique et que les Français voudraient voir plus souvent pratiqués.

Marine Le Pen a le cran de dénoncer des fléaux qu’on ne veut pas voir : immigration de masse, monnaie unique, mondialisation. Christine Lagarde n’hésite pas à pointer du doigt notre Code du travail trop « lourd » et « compliqué » ou à sommer les Grecs de payer enfin leurs impôts, quitte à commettre quelques maladresses. Ségolène Royal est un phénomène du genre, accumulant les bourdes avec une « bravitude » assumée mais assenant aussi quelques vérités bien senties au tournant, telles que l’absurdité de l’interdiction des feux de cheminée. Elle est aussi l’une des rares icônes de la gauche actuelle à défendre certaines valeurs et à avoir osé des propositions sécuritaires gonflées, comme la mise en place d’un encadrement militaire pour les délinquants.

Les Français sont saturés de langue de bois, de propos démagogiques, de novlangue, d’autocensure, de polémiques sans fin, de querelles d’ego, de guerres intestines et de combats de coqs déplumés. Face à des adversaires masculins assoiffés de pouvoir ou de revanche, qui se moquent souvent pas mal de la France, les femmes semblent incarner un engagement plus désintéressé, une ligne plus claire, une mentalité moins corrompue. Elles sont moins visées par des affaires judiciaires et des scandales financiers que leurs homologues masculins. Dès lors qu’elles dévient de cette trajectoire et qu’elles privilégient une démarche plus carriériste, leur image en prend un coup : NKM, appréciée pour sa spontanéité quand, secrétaire d’État à l’Écologie, elle incendiait en 2008 Copé et Borloo, apparaît désormais comme une politicienne pur jus, aux postures tièdes et calculées. Un peu plus à gauche (quoique…), Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira et Anne Hidalgo, détestées par une partie des Français, affichent un petit côté donneur de leçons, agressif voire aigri. Clivantes, soucieuses d’imposer leur idéologie par vanité ou stratégie clientéliste sans se préoccuper des conséquences, elles donnent in fine le sentiment de devoir leur poste davantage à un casting pro-diversité qu’à leurs compétences.

Au final, femmes ou hommes, peu de personnalités politiques se montrent aujourd’hui dignes de susciter la confiance des Français, d’où leur désintérêt pour les urnes et le débat démocratique. C’est par la franchise, l’audace, la loyauté, la fibre patriote (la vraie, pas celle que se découvrent soudain les opportunistes à court d’idées), la propension à comprendre les problèmes quotidiens des Français et à y répondre par des solutions claires et pragmatiques que se gagneront les prochaines présidentielles. À ce régime-là, certaines femmes ont toutes leurs chances.

Publié dans presse nationale

Commenter cet article