Jean-Vincent Placé admet avoir « raconté n’importe quoi » sur Leonarda !

Publié le par Denis PIGNOL

Jean-Vincent Placé admet avoir « raconté n’importe quoi » sur Leonarda !

Jean-Vincent Placé admet avoir « raconté n’importe quoi » sur Leonarda !

Jean-Vincent Placé a avoué, les autres le feront-ils ?

Boulevard Voltaire | Gabriel Robin | Juriste | 04-03-2015

Jean-Vincent Placé, sénateur de l’Essonne et membre d’Europe Écologie Les Verts, est plutôt connu pour son honnêteté et sa franchise. Il n’avait par exemple pas hésité à quitter le plateau de l’émission « Le Supplément » sur Canal+ après avoir lancé un tonitruant « Je me tire ! ».

Jean-Vincent Placé est aussi un homme pressé d’être reconnu, pressé d’obtenir un poste de ministre qui se refuse pour l’instant à lui. Il est l’inlassable promoteur d’un néo-UMPS qu’il appelle de ses vœux et qui réunirait du centre jusqu’à la gauche de la gauche, le tout évidemment afin de cadrer avec le programme commun de la classe politique médiatique : « combattre » le Front national. Dans cette optique, ses prises de position tranchées lors de l’affaire « Leonarda » apparaissent gênantes et montreraient que l’homme n’est pas un politicien respectable soumis à la discipline collective de la gauche plurielle, mais bien un « perturbateur » ou un « frondeur » en puissance. À l’époque, Stéphane Le Foll, alors porte-parole du gouvernement, avait vu rouge et déclaré : « Annoncer qu’il faut descendre dans la rue, quand on appartient à une majorité, il y a des choses qui étonnent et qu’on ne devrait pas entendre… »

Aujourd’hui, Jean-Vincent Placé tente de faire son mea culpa et de s’afficher en rassembleur des forces sociétalistes. Lundi, au micro des « Grandes Gueules » sur RMC Info, il avouait : « Je m’étais lancé dans un propos complètement décalé, parce que j’avais voulu suivre la position du parti. Je me souviens, j’étais allé à une émission, j’avais raconté n’importe quoi. Et je m’en veux encore, parce qu’à un moment on se dit : le parti pense ça, moi je vais raconter ça, pour pas avoir des embrouilles avec les copains du parti. » Des propos dignes d’un enfant pris la main dans le sac de bonbons et accusant la voisine, mais néanmoins fort éclairants quant à la mentalité d’une grande partie du personnel politique contemporain plus passionnée par le buzz médiatique que par les idées et le projet pour la France.

Est-ce à dire que son soudain revirement quant à l’affaire « Leonarda » est opportuniste ? Est-ce à dire que Jean-Vincent Placé n’a pas d’idées à lui autres que celle de ne pas « s’embrouiller avec les copains du parti » ? Est-ce à dire qu’Europe Écologie Les Verts a eu une attitude irresponsable en envoyant les lycéens dans la rue (enfin, quelques-uns) pour protéger une personne en situation d’illégalité sur le territoire national ? Est-ce à dire, plus largement, que les hommes politiques ont une parole publique en inadéquation avec leurs pensées intimes ? Est-ce à dire qu’ils sont donc incapables de gouverner avec autorité ? Probablement tout ça !

Jean-Vincent Placé a avoué, les autres le feront-ils ? Verra-t-on Manuel Valls admettre que dire que le Front national n’est pas dans la République était aller trop loin ? Verra-t-on Nicolas Sarkozy faire amende honorable et affirmer qu’il a été l’inventeur de l’UMPS ? J’en doute, mais espérons.

Publié dans presse nationale

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