Jean-Marie Le Pen et la déontologie journalistique de BFM TV

Publié le par Denis PIGNOL

Jean-Marie Le Pen et la déontologie journalistique de BFM TV

Jean-Marie Le Pen et la déontologie journalistique de BFM TV

Quel est l’intérêt de ressasser des vieilles lunes du temps de la java ? Les prochaines échéances se feront-elles sur le thème de la Shoah ?

Boulevard Voltaire | Eric Le Gal | Juriste | 06-04-2015

Les hommes politiques devraient savoir s’arrêter à temps. Ils veulent souvent faire une danse supplémentaire, pour finalement aboutir à la danse de trop.

À bientôt 87 ans, Jean-Marie Le Pen n’a évidemment plus d’ambitions pour lui-même. Il peut espérer que sa candidature aux prochaines élections régionales, dans la région PACA, « boostera » la liste FN. Il a normalement une ambition plus globale qui est de voir le FN et Marine Le Pen triompher aux élections régionales, avant – qui sait ? – une victoire aux élections présidentielles de 2017.

Dans ces conditions, quel est l’intérêt de ressasser des vieilles lunes du temps de la java ? Les prochaines échéances se feront-elles sur le thème de la Shoah ?

Qu’un ex-journaliste sportif reconverti et en mal de reconnaissance – M. Bourdin, pour le citer – ose encore, sur BFM TV, poser des questions sur ce thème est le signe d’un manque total d’agilité intellectuelle, d’un conformisme effarant, voire d’une malveillance évidente.

Faut-il, pour autant, lui faire le cadeau d’une réponse qu’il désirait plus que tout ? Doit-on systématiquement foncer sur toutes les muletas qui s’agitent ? N’y a-t-il pas moyen de botter en touche, un peu subtilement ? La politique doit-elle consister à offrir son torse à la mitraille pour que tous les planqués puissent ergoter à l’infini ?

On connaît les points de vue de Jean-Marie Le Pen sur ce thème. Est-il besoin d’y revenir ?
Ces paroles donnent cependant l’occasion à la « clique » UMPS de se scandaliser à bon compte. Elle espère que le nuage de fumée qui en résultera fera oublier un temps aux Français la situation dantesque dans laquelle ils se trouvent et par la faute de qui ils s’y trouvent, sans que cela ne contrarie les « médiacrates ».

Dans le même temps, nous apprenons que six personnes se trouvant dans les locaux de l’Hyper Casher de la porte de Vincennes lors de la prise d’otages du terroriste islamiste Coulibaly, en janvier dernier, ont déposé plainte contre BFM TV pour mise en danger de la vie d’autrui.

En effet, pendant la prise d’otages, les commentateurs de BFM TV avaient révélé la présence d’une personne cachée sur place – en fait, elles étaient six – à l’insu du terroriste. Conclusion : pour faire du scoop, et donc engranger des recettes publicitaires, BFM TV aurait pris le risque d’informer Coulibaly de l’existence de victimes potentielles, avec les conséquences dramatiques que l’on devine.

Nous avons donc une chaîne d’information qui, après avoir pu informer un tueur qu’il disposait de victimes à portée de kalachnikov, ravive aujourd’hui des polémiques vieilles d’un quart de siècle.

Tel est le brillant spectacle offert par le paysage audiovisuel français, et qui cabosse encore un peu plus la déjà contestable déontologie de nos journalistes.

Publié dans presse nationale

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