« J’écris ton nom : FRANCE, notre patrie »

Publié le par Denis PIGNOL

« J’écris ton nom : FRANCE, notre patrie »

« J’écris ton nom : FRANCE, notre patrie »

Il est urgent de retrouver la patrie comme seule finalité de la chose publique, c’est-à-dire l’intérêt supérieur de la France dans sa démarche multiséculaire.

Boulevard Voltaire | Paul Bernard | Préfet de région honoraire | 02-03-2015

Notre pays est, depuis longtemps, en crise économique et financière, et maintenant en guerre intérieure et extérieure. Face à ces maux d’une extrême gravité, notre système politique répond par des mots. Laïcité, fraternité, rassemblement : ces mots, puisés dans le vocabulaire républicain, donnent l’illusion de la réponse au défi. De plus, la valeur France est menacée par des virus de diversion.

Nos dirigeants ont de la peine à surmonter un contresens majeur en science politique. En effet l’illusion s’empare des hommes politiques qui se prennent pour des hommes d’État. Or, la distinction est fondamentale. « L’homme d’État » exalte sa légitime ambition en l’identifiant à l’ambition de la nation. Sa préoccupation est essentiellement une vision d’avenir conçue à la mesure de la France. C’est pourquoi il ne craint pas d’être impopulaire pour ses concitoyens du moment, puisqu’il ne cherche que les réformes courageuses à long terme, indispensables à l’avenir de l’organisme national.

Par contre, « l’homme politique » est animé par son ambition personnelle, de caractère électoral, rapetissée à la mesure de son parti politique, et son rayon d’action est limité à des lois de circonstance, qui répondent à son souci essentiel de popularité mesurée par l’Audimat.

Michel Debré, Jacques Delors, Raymond Barre représentaient ce type d’homme d’État. Les Français ne les ont pas reconnus parce que ces personnalités avaient eu le courage de rejeter le poison de la communication avantageuse à courte vue. Ce fut le malheur de la France, qui aurait pu réaliser les grandes réformes ouvrant la porte de la cour des grands de ce monde.

Les partis politiques, dont la mission initiale était de proposer une conception de l’intérêt supérieur de la nation et de rassembler les citoyens autour de grandes causes prioritaires, ont dégénéré pour devenir des machines claniques destinées à conquérir le pouvoir et à garantir la réélection. Sous la IIIe République, les partis politiques savaient se combattre, mais pour faire aboutir de grandes lois, sur l’école, la laïcité, les libertés de la presse et des syndicats, la protection sociale. Aujourd’hui, enfermés dans leurs petites boutiques électorales, les partis politiques contribuent à détourner les citoyens de l’union nationale en entretenant une médiocre guerre civile qui empêche toute réforme d’envergure, pendant que le navire menace de couler.

De nos jours, des religions viennent ajouter un clivage dangereux. Or, l’appartenance religieuse est une affaire privée qui ne doit pas contredire le seul statut légitime de citoyens français. On n’est pas obligé de porter ses convictions spirituelles comme un drapeau provocant et agressif. Chacun, à sa façon, doit témoigner de son respect des autres et d’un humanisme civilisé.

Oui, il est urgent de retrouver la patrie comme seule finalité de la chose publique, c’est-à-dire l’intérêt supérieur de la France dans sa démarche multiséculaire. C’est le seul moyen de réconcilier au-delà des oppositions sectaires, politiques ou confessionnelles. D’ailleurs, la plupart des pays le pratiquent. Ce souhait est malheureusement condamné à rester pieux et naïf tant que la situation actuelle ne sera pas changée par la modification de l’acquisition de la nationalité française, par la maîtrise de l’immigration et par le respect dû à la loi républicaine par tous sans exception. Encore faudra-t-il que le gouvernement et la classe politique méritent la confiance populaire en démontrant, par l’exemple, la fusion de leurs ambitions relatives avec celle ardente et impérieuse de la France.

Publié dans presse nationale

Commenter cet article