Ils vont cracher sur nos tombes

Publié le par Denis PIGNOL

Ils vont cracher sur nos tombes

Ils vont cracher sur nos tombes

Un cimetière profané à Castres, le mercredi 15 avril. Des tombes chrétiennes exclusivement.

Boulevard Voltaire | Jean-Michel Léost | Professeur honoraire | 18-04-2015

Un cimetière profané à Castres, le mercredi 15 avril. Des tombes chrétiennes exclusivement. Le carré militaire et les autres carrés confessionnels ont été épargnés. Le ou les vandales ont renversé, brisé des croix et des symboles religieux. Bernard Cazeneuve s’est rendu sur place, déclarant notamment : « Ces actes sont inqualifiables, c’est une agression à l’encontre des vivants. » Claude Bartolone a tweeté : « Encore 250 tombes vandalisées dans un cimetière de Castres, c’est inacceptable. Nous devons toujours le respect aux morts. » François Hollande a condamné ces « actes indignes », Manuel Valls, une « offense insoutenable »… Un suspect a été rapidement interpellé et hospitalisé d’office : selon le procureur adjoint, « l’homme répète en boucle des prières musulmanes, il bave et est inaccessible à la communication. Son état a été déclaré incompatible avec une garde à vue. » Attendons que l’enquête progresse pour mesurer les véritables motivations et le degré de responsabilité du ou des auteurs de ces actes. Penchons-nous plutôt sur l’attitude de nos gouvernants dans cette circonstance. En nous fondant toujours sur les faits.

Les profanations de cimetières chrétiens – de tombes chrétiennes dans des cimetières municipaux, plus exactement – sont courantes : 206 en 2014, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, cités par BFM, 6 pour les cimetières juifs, 4 pour les carrés musulmans. Cette disproportion s’expliquerait par le nombre plus important des premiers. Soit ! Mais les protestations gouvernementales portent plus volontiers – c’est une litote – sur les deux autres catégories : profaner un cimetière juif, c’est faire preuve d’antisémitisme, c’est donc à juste titre condamnable ; profaner des tombes musulmanes, c’est une forme de racisme, tout aussi intolérable ; mais profaner des sépultures chrétiennes, c’est… de l’antichristianisme. Ce mot ne vient pas spontanément à la bouche de nos dirigeants, au point qu’on pourrait se demander pourquoi ils ont jugé bon, cette fois, de réagir.

Cette attitude semble bien s’apparenter à leur comportement envers les chrétiens d’Orient. Ce n’est que depuis peu qu’ils manifestent à leur égard quelque solidarité, souvent du bout des lèvres, en précisant que les musulmans sont les premières victimes de l’islamisme – solidarité pingre au demeurant, puisqu’elle se limite à accueillir 1.500 réfugiés. Comme si cela leur écorchait la bouche d’admettre que sont attaqués les adeptes d’une religion deux fois millénaire, qui s’est propagée dans le monde et a eu une grande influence sur le patrimoine, la culture et les valeurs de la France. Pardi ! Pour eux, l’histoire nationale commence en 1789.

Seulement, voilà : l’électorat catholique, déjà échaudé par le mariage pour tous et des mesures sociétales contestables, ne retrouvant même plus dans la politique menée le sens de la justice sociale, s’éloigne de plus en plus du vote socialiste. Alors, il faut bien essayer de le récupérer.

Nos gouvernants seraient plus crédibles s’ils reconnaissaient que vandaliser des tombes chrétiennes, c’est cracher sur les morts et les valeurs humaines issues du christianisme.

Publié dans presse nationale

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