Hollande, ou la peur des mots

Publié le par Denis PIGNOL

Hollande, ou la peur des mots

Hollande, ou la peur des mots

Il faut une sacrée dose de lâcheté pour renouveler, avec Garissa, l’invraisemblable communiqué émis lors du massacre des coptes d’Égypte, le mois dernier.

Boulevard Voltaire | Yannik Chauvin | Docteur en droit, écrivain, compositeur | 09-04-2015

« Le président de la République exprime sa solidarité avec le peuple kenyan, qui doit faire face au terrorisme le plus abject, celui qui s’attaque à la jeunesse, au savoir et à l’éducation. » Ce sont les deux premières lignes d’un communiqué qui en comporte cinq et demie émis par le président Hollande à la suite de la tuerie des 148 étudiants chrétiens de l’université de Garissa (Kenya). C’était le 2 avril dernier. Quatre jours plus tard, le même commémore la rafle des enfants d’Izieu. Écoutons-le commenter l’actualité : « Le mal renaît chaque fois que des idéologies totalitaires ou des fondamentalismes religieux s’emparent des passions. » Évoquant les attentats de Paris : « Nous devons lutter contre ce qui a pu créer, ici, cette tragédie, qui en créé d’autres, ailleurs. » Et, enfin, la plus belle citation : « Notre mission : prévenir le mal, lutter contre le mal, avertir de l’existence du mal… et agir ! »

Il faut une sacrée dose de lâcheté pour renouveler, avec Garissa, l’invraisemblable communiqué émis lors du massacre des coptes d’Égypte, le mois dernier. Pour Hollande, la religion des victimes n’est pour rien : on s’en est pris à la jeunesse. Ben tiens ! Au Kenya, toutes les agences de presse ont décrit la chasse aux chrétiens cependant que les musulmans étaient épargnés. Et notre Président se fend d’un tout petit communiqué riquiqui sans mentionner que les victimes sont chrétiennes. Et puis, où est « l’esprit du 11 janvier », Monsieur le Président ? Avez-vous pris votre billet d’avion pour Nairobi, entraînant dans votre sillage les chefs d’État du monde entier ? Ah ! j’oubliais : ces morts sont chrétiens. Et là, ça change tout, on reste à la maison : pantoufles et chaufferette.

Alors comme il aime les commémorations, notre Président, il est allé à Izieu. Pas une seule fois, pas une toute petite fois en trente minutes de discours il n’a prononcé le mot « islamistes » ! « Prévenir le mal ! etc. », je veux bien, mais dis, papa, c’est quoi, le mal ? Et pis d’abord, c’est qui ? Euh…

Résumons : ce ne sont pas des chrétiens qui se font massacrer autour de la planète ; ce ne sont pas des musulmans islamistes qui tiennent les crosses des kalach’ ou les manches des couteaux de boucher ! On est mal partis ! Les victimes ne sont pas des victimes et les assassins, on ne dit pas qui ils sont ! Et avec ce salmigondis, le Président annonce, d’un ton las et compassé : « Il faut agir ! » Bon courage, mon gars, si tu as déjà la trouille de nommer ton ennemi.

Au même moment, David Cameron, Premier ministre britannique, lui, montre qu’il n’a pas peur : « Nous pouvons être fiers de dire : ce pays est chrétien. En tant que chrétiens, notre responsabilité nous engage à dénoncer la persécution des chrétiens dans le monde. » Heureux Britanniques ; ils peuvent être fiers, en effet…

Publié dans presse nationale

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