Hollande à Doha pour la signature officielle du contrat Rafale

Publié le par Denis PIGNOL

Appareil "multirôle", le Rafale est aussi un avion de reconnaissance doté de puissants moyens d'observation. © AFP PHOTO / ECPAD / EMA /ARMEE DE L'AIR
Appareil "multirôle", le Rafale est aussi un avion de reconnaissance doté de puissants moyens d'observation. © AFP PHOTO / ECPAD / EMA /ARMEE DE L'AIR

Hollande à Doha pour la signature officielle du contrat Rafale

Le Point - Publié le 04/05/2015 à 07:11 - Modifié le 04/05/2015 à 07:57

Le chef de l'État rejoindra mardi Riyad, où il sera l'invité d'honneur d'un sommet des États arabes du Golfe, une première pour un chef d'État occidental.

Le président français François Hollande est lundi au Qatar pour assister à la signature officielle du contrat de vente de Rafale, avant de rejoindre Riyad où il sera mardi l'invité d'honneur d'un sommet du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG), une première pour un chef d'État occidental.

Lundi, François Hollande doit s'entretenir avec l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani, pour évoquer, outre le Rafale, les multiples crises qui secouent la région, à commencer par la guerre au Yémen. Le chef de l'État français, accompagné des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, doit assister ensuite à la signature officielle de deux contrats. Le premier, conclu par l'État du Qatar avec les industriels - Dassault Aviation, constructeur du Rafale, et le fabricant européen de missiles MBDA qui en fournit l'armement -, officialisera la vente de 24 Rafale au petit émirat, six en version biplace et 18 en version monoplace, pour 6,3 milliards d'euros. Et le second, confidentiel, sera un accord intergouvernemental, portant sur la formation de 36 pilotes et d'une centaine de mécaniciens, mais aussi d'autres questions comme l'instruction d'officiers de renseignement. Appareil "multirôle", le Rafale est aussi un avion de reconnaissance doté de puissants moyens d'observation.

Le président français s'envolera dans l'après-midi pour l'Arabie saoudite, où il s'entretiendra dans la soirée avec le roi Salmane. François Hollande sera ainsi le premier chef d'État occidental reçu à Riyad depuis le vaste remaniement annoncé mercredi à la tête du royaume, premier exportateur mondial de brut. Le roi Salmane a fait de l'un de ses neveux, Mohammed ben Nayef, le nouveau prince héritier, et de l'un de ses fils, le prince Mohammed ben Salmane, le futur prince héritier, second dans l'ordre de succession, tandis que l'actuel ambassadeur saoudien à Washington, Adel al-Jubeir, prend la responsabilité de la diplomatie de son pays.

Nouvelle ère

Une déclaration commune franco-saoudienne portant sur une "feuille de route" politique, économique, stratégique et militaire sera signée à l'occasion de cette visite, indique-t-on à l'Élysée. Mardi matin, François Hollande devrait s'entretenir aussi avec l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri. Puis il sera l'hôte d'un sommet extraordinaire du CCG qui réunit l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Oman, le Koweït et le Qatar.

À l'ordre du jour de cette rencontre : le programme nucléaire de l'Iran, grand rival chiite des monarchies sunnites du Golfe, la lutte contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie et le Yémen. À l'exception du sultanat d'Oman, toutes les monarchies du Golfe participent à la coalition qui mène depuis le 26 mars des raids aériens au Yémen sous la conduite de Riyad pour empêcher une rébellion chiite de prendre le contrôle de l'ensemble de ce pays frontalier de l'Arabie saoudite.

Hôte du CCG, le président français brûle quelque peu la politesse à son homologue américain Barack Obama, qui recevra ses dirigeants à la mi-mai à la Maison-Blanche et à Camp David pour tenter de les rassurer sur l'accord-cadre conclu début avril avec l'Iran à propos de son programme nucléaire, soupçonné par les Occidentaux de dissimuler des finalités militaires.

La visite de François Hollande, ajoute son entourage, est susceptible de "s'inscrire dans une possible nouvelle ère" si cet accord-cadre débouche sur un accord final fin juin avec Téhéran. L'Arabie saoudite est également très méfiante à l'égard de l'Iran, redoutant que ce pays n'encourage la prolifération nucléaire dans la région. Elle accuse en outre Téhéran de soutenir les rebelles chiites houthis au Yémen.

Publié dans presse nationale

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