Front national : Jean-Marie Le Pen jugé par les siens

Publié le par Denis PIGNOL

Les chambres à gaz, "détail" de l'histoire ; défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et critique en règle de la démocratie comme système politique : Jean-Marie Le Pen a multiplié les provocations début avril. © AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Les chambres à gaz, "détail" de l'histoire ; défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et critique en règle de la démocratie comme système politique : Jean-Marie Le Pen a multiplié les provocations début avril. © AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Front national : Jean-Marie Le Pen jugé par les siens

Le Point - Publié le 04/05/2015 à 07:00

Le président d'honneur du parti est convoqué lundi devant le conseil de discipline du FN après ses multiples propos polémiques tenus en avril.

Jean-Marie Le Pen est convoqué lundi devant le bureau exécutif du Front national, la plus haute instance du parti réunie en instance disciplinaire, qui pourrait aller jusqu'à lui retirer son titre de "président d'honneur", après ses multiples propos polémiques.

Répétition de sa vision des chambres à gaz, "détail" de l'histoire, défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et critique en règle de la démocratie comme système politique : Jean-Marie Le Pen a multiplié les provocations début avril, au lendemain de départementales plutôt réussies pour le FN. Une enquête a d'ailleurs été ouverte par le parquet de Paris pour contestation de crime contre l'humanité concernant les premières déclarations. Entre-temps, il a néanmoins décidé de s'effacer devant sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen pour conduire la liste FN en Paca aux régionales de décembre.

Dimanche, Marine Le Pen a fait un pas de plus vers la mise à l'écart définitive de son père : "Jean-Marie Le Pen ne doit plus pouvoir s'exprimer au nom du Front national, ses propos sont contraires à la ligne fixée", a tranché la présidente du FN sur le plateau du Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i>Télé. "Il ne faut pas que ses propos engagent le mouvement." Florian Philippot, influent numéro deux du parti, en a rajouté dans la dramatisation. Interrogé dimanche soir sur l'hypothèse d'une exclusion, il a répondu : "Tout est possible."

Que peut-il se passer lundi dans le huis clos de l'instance frontiste ? Tout en estimant qu'il "outrepasse complètement les prérogatives que lui donne son statut personnel", la patronne du FN n'a pas dit concrètement dimanche quelle sanction elle souhaitait voir tomber sur le président d'honneur de son parti. Une exclusion comporterait toutefois des risques sérieux. "Ça ouvrirait les portes de l'enfer", prévient un frontiste. "Il peut être tout aussi venimeux une fois exclu", remarque un autre.

"Un vieux chanteur qui a du mal à partir"

Que Jean-Marie Le Pen quitte de force le parti qu'il a cofondé en 1972 serait "surnaturel, surréaliste", prévient son principal soutien, la vice-présidente Marie-Christine Arnautu. Pour plusieurs cadres du parti, tout dépendra de la manière, conciliante ou provocante, dont Jean-Marie Le Pen se présentera devant ses "juges".

Peut-il se voir retirer sa présidence d'honneur du parti ? Une opération juridiquement compliquée et trop symbolique politiquement qui pourrait réveiller la "bête blessée", craignent certains. Nicolas Bay, secrétaire général du parti, estime ainsi que les larges condamnations des propos de Jean-Marie Le Pen et son désistement au profit de sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen en Paca pour les régionales de décembre constituent "une mesure d'apaisement" suffisante. Florian Philippot a expliqué à l'AFP qu'il voudrait que de cette réunion sorte "quelque chose de plus" pour celui qu'il a comparé vendredi à un "vieux chanteur qui a du mal à partir".

"Dédiabolisation"

Reste une incertitude majeure : le "patriarche", hospitalisé il y a deux semaines et toujours en "semi-convalescence" selon son entourage, se rendra-t-il à la convocation ? "Je ferai connaître cela en temps utile. Je me repose pour l'instant", a-t-il confié samedi à l'AFP.

En toile de fond, c'est la stratégie de "dédiabolisation" de Marine Le Pen qui est en jeu, alors qu'un sondage BVA-Orange-i>Télé publié samedi la conforte dans sa stratégie : près d'un Français sur trois (32 %) souhaite qu'elle ait davantage d'influence dans la vie politique française - son meilleur score sur cet indicateur -, alors que Jean-Marie Le Pen voit sa "cote d'influence" plonger à 2 %.

L'homme doit être malgré tout ménagé tant il est "apprécié par le peuple militant du Front national", notait un élu FN de Saint-Nazaire dans le cortège parisien du 1er Mai. Et si des approches différentes ont été notées parmi les membres de l'instance face au cas "Le Pen", "on se doute bien que le bureau exécutif suivra l'avis de la présidente", relève un parlementaire du parti.

Publié dans presse nationale

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Pieds Noirs 9A 04/05/2015 09:15

Les militants de Jean Marie LePen encore au sein de la vague Bleu Marine ..qui divague vraiment sur les flots ...Partiront petit à petit ,sauf une certaine jeunesse voyant que le parti ce comporte comme ses voisins UMPS en bon gauchos du vivre ensembles ..Ma foi ??? Vive jean Marie Lepen et sa parole de vérité ...Et cela n'est pas un détail de l'histoire