France : le taux de chômage franchit la barre symbolique des 10 %

Publié le par Denis PIGNOL

Le chômage a poursuivi sa hausse au quatrième trimestre 2014, atteignant la barre des 10 %. © PHOTOPQR / L'EST REPUBLICAIN / LIONEL VADAM
Le chômage a poursuivi sa hausse au quatrième trimestre 2014, atteignant la barre des 10 %. © PHOTOPQR / L'EST REPUBLICAIN / LIONEL VADAM

France : le taux de chômage franchit la barre symbolique des 10 %

Le Point - Publié le 05/03/2015 à 08:02 - Modifié le 05/03/2015 à 10:39

Au total, l'Insee a comptabilisé fin 2014 2,877 millions de chômeurs en métropole, soit 124 000 de plus que fin 2013. Une déconvenue pour le gouvernement.

Le chômage atteint un nouveau palier : le taux mesuré par l'Insee s'est établi à 10,0 % de la population active fin 2014 en métropole, une barre symbolique que le gouvernement espérait ne pas connaître si tôt. Avec l'outre-mer, le chômage progresse également de 0,1 point au 4e trimestre, pour atteindre 10,4 %, a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique. Sur un an, le taux de chômage, mesuré par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT), grimpe de 0,4 point en métropole et de 0,3 point en France entière, retrouvant dans les deux champs son niveau de la mi-2013.

Il s'agit d'une déconvenue pour le gouvernement, qui espérait maintenir le taux "en dessous de 10 % de chômage" en métropole, comme le déclarait le ministre du Travail, François Rebsamen, fin juin. Toutefois, malgré la hausse du 4e trimestre, les situations respectives des jeunes et des seniors se sont stabilisées en métropole, à 23,7 % pour les 15-24 ans et à 6,8 % pour les 50 ans ou plus. Ce sont les catégories d'âges intermédiaires (25-49 ans) qui supportent la totalité de la hausse : + 0,2 point à 9,5 %.

2,877 millions de chômeurs

Au total, l'Insee a comptabilisé, fin 2014, 2,877 millions de chômeurs en métropole, soit 124 000 de plus que fin 2013 (+ 4,5 %). L'indicateur de l'Insee, le seul reconnu à l'international, reste moins sévère que celui de Pôle emploi, qui comptabilisait 3,50 millions d'inscrits sans aucune activité en métropole fin décembre, soit 189 000 de plus que fin 2013 (+ 5,7 %). Le chômage Pôle emploi a, depuis, connu un mois de légère baisse en janvier, pour s'établir à 3,48 millions.

Cet écart entre les deux indicateurs s'explique par le fait qu'ils ne mesurent pas le chômage de la même manière : Pôle emploi recense les demandeurs d'emploi enregistrés sur ses listes, alors que l'Insee mesure son taux à partir d'une enquête effectuée chaque trimestre auprès de 110 000 personnes.

La hausse du chômage ne va pas s'arrêter

Une partie des 623 000 chômeurs supplémentaires comptabilisés par Pôle emploi fait partie du "halo du chômage" de l'Insee, réunissant 1,4 million de personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas disponibles immédiatement ou ne cherchent pas activement un emploi. Ce "halo" a accueilli 20 000 personnes supplémentaires au 4e trimestre et 78 000 sur un an. Autre indicateur Insee négatif : le sous-emploi, qui concerne 6,5 % des actifs (+ 0,1 point). Il s'agit essentiellement de travailleurs à temps partiel qui souhaiteraient travailler davantage.

La hausse du 4e trimestre est conforme aux dernières prévisions de l'Insee. L'Institut prévoit d'ici à mi-2015 une poursuite de l'augmentation jusqu'à 10,2 % en métropole et 10,6 % avec l'outre-mer. Le taux de chômage de l'Insee se rapprocherait ainsi de son pic historique (10,4 % en métropole) atteint à deux reprises en 1994 et 1997. Sur les 30 dernières années, il a atteint son plus bas niveau (6,8 %) en 2008, peu avant la crise financière mondiale.
Mais le gouvernement garde espoir. "Il n'y a pas de montée inexorable du chômage", assurait début février le président François Hollande, qui a laissé entendre qu'il ne briguerait pas de second mandat en 2017 si le chômage ne baissait pas.

De son côté, François Rebsamen espérait récemment "que le nombre de chômeurs diminuera[it] à la fin de l'année" 2015, grâce à un "alignement des planètes plutôt favorable" pour l'économie. Le ministre compte notamment sur les baisses conjuguées de l'euro et du prix du pétrole et sur le plan d'investissement européen pour stimuler l'activité. Mais si le gouvernement espère faire plus que le 1 % de croissance prévu pour 2015, la barre de 1,5 %, nécessaire selon la plupart des économistes pour faire baisse le chômage, semble difficile à atteindre.

Publié dans presse nationale

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