Français, ne vous laissez plus enfumer par les fausses bonnes annonces du gouvernement

Publié le par Denis PIGNOL

Français, ne vous laissez plus enfumer par les fausses bonnes annonces du gouvernement

Français, ne vous laissez plus enfumer par les fausses bonnes annonces du gouvernement

Lagauchematuer | Christian Balboa |  je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande | 29 mars 2015

Le gouvernement et une presse complaisante sont passés maîtres dans l’Art de masquer la réalité et de de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et des défaites pour des victoires.

Quelques exemples :

1 – Le vrai-faux miracle de Sainte Marisol

Le déficit de la Sécurité sociale passe sous les 10 milliards d’euros. L’annonce faite par la ministre de la santé, Marisol Touraine, a été reprise par toute la presse. Ce résultat est nettement meilleur que prévu : dans le budget 2014, le déficit devait atteindre 11,7 milliards. Touraine s’est donc réjoui de cet « excellent résultat » en l’attribuant… à la politique du gouvernement. Sauf qu’en réalité, il n’en est rien.

Selon le Canard enchainé :

Français, ne vous laissez plus enfumer par les fausses bonnes annonces du gouvernement

« Ce bon chiffre provient d’un accident comptable. Au quatrième trimestre 2014, l’encaissement des cotisations a explosé, pour atteindre un bonus de 6,2% (par rapport à 2013) alors que les salaires, eux, n’ont augmenté que de 1% ». Comment expliquer ce décalage ? « Plusieurs très gros payeurs (dont l’Etat) ont avancé le versement de leurs cotisations pour une raison qu’on ignore, explique l’hebdomadaire. C’est donc bon pour les comptes 2014, mais mauvais pour ceux de 2015. Les encaissements ont d’ailleurs chuté dès janvier ».

Bref, la baisse est artificielle. Et comme par hasard, la « bonne nouvelle » a été annoncée par le gouvernement quelques jours avant le premier tour des élections départementales.

2 – la vrai-fausse baisse du déficit de l’Etat

La publication jeudi matin par l’Insee d’un déficit 2014 “mieux que pire“ (4 %) a réjoui Bercy qui s’est félicité d’un solde budgétaire “très en deçà de la cible de 4,4 % inscrite en loi de finances rectificative de fin d’année“. Ce que le ministère oublie de rappeler, c’est qu’il reste supérieur de 0,4 point de PIB à la prévision de la loi de finances initiale (3,6 % du PIB), qu’il n’a quasiment pas bougé en un an (-0,1 point) et que la dette a dans le même temps augmenté de 84,4 milliards d’euros, à 95 % du PIB.

Peu importe: ce que le public retiendra, c’est que le déficit 2014 aura été “meilleur que prévu“

3 – le vrai-faux résultat du premier tour des élections départementales

Manuel Valls, très habilement, a profité des erreurs de prévision des sondeurs sur les résultats du premier tour des départementales pour enfumer tout le monde. La presse, toujours prompte à tomber dans les panneaux surtout quand ils sont brandis par la gauche a répété en boucle sur les plateaux de télé :

  • Le FN qui n’a fait “que » 25 % au lieu des 30 % prévus est le perdant du premier tour !
  • Le FN n’est plus le premier parti de France sauf que pour arriver à cette mystification, on compare un parti se présentant seul contre une coalition de partis pas toujours d’accord sur tout !

Alors que la réalité est toute autre et que le PS qui avait une forte implantation locale (plus de 60 % des sortants) subit une terrible défaite et que le FN est en progression et que d’un élu, il pourrait passer à … 100 élus et peut-être gagner un ou deux départements.

Si le second tour amplifie les résultats du premier, ce sera un terrible choc dans le paysage politique et une défaite cuisante pour Manuel Valls qui a volontairement nationalisé le scrutin.

4 – La situation est en somme moins mauvaise que si elle était pire

Voici, en guise de conclusion, l’édito de Gaëtan de Capèle paru page une du Figaro du vendredi 27 mars :

La vie en rose

Sonnez trompettes, roulez tambours ! Foi de Michel Sapin, la France va mieux :

  • le déficit des comptes publics n’a finalement atteint “que“ 84,8 milliards d’euros en 2014 – soit à peu près l’équivalent de l’année précédente,
  • la dette ne pèse “que“ 2 037 milliards – record absolu -, mais ne grimpera pas à 100% du PIB comme on le craignait.

Comparée aux prévisions apocalyptiques de l’automne dernier, la situation est en somme moins mauvaise que si elle était pire … Pour le ministre des Finances, cela suffit à chausser des lunettes roses et chanter les louanges de sa politique de redressement.

Il est des circonstances qui imposent pourtant d’avoir le triomphe modeste. En l’occurence, par quelque bout que l’on prenne la chose, la France reste l’un des pays les plus mal gérés d’Europe : malgré des impôts plus élevés qu’ailleurs, les comptes publics y sont aussi plus rouges qu’ailleurs. Car, quoi qu’en dise le gouvernement, les dépenses ralentissent peut-être un peu, mais n’en finissent quand même pas de monter.

Plus généralement, rien dans les microscopiques signaux d’amélioration de l’économie ne justifie l’optimisme de façade que François Hollande demande à ses troupes d’affecter. Le gouvernement peut bien se contorsionner en tous sens, établir les calculs les plus farfelus pour démontrer le contraire, le chômage demeure endémique et aucune inversion de courbe ne pointe à l’horizon. La croissance, quant à elle, est toujours mollassonne, en dépit d’un environnement économique inespéré. Avec un prix du pétrole en baisse de 30 % depuis l’été dernier, un euro dévalué de plus de 20 % et des taux d’intérêt nuls, …

… tous les ingrédients sont réunis pour soutenir une reprise vigoureuse.

Elle se matérialise partout, hélas sauf chez nous.

Car pendant que les autres se transforment à grande vitesse pour profiter à plein de cette brise, la France se contente d’énumérer des réformes qui ne viennent jamais, en attendant que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. On en voit aujourd’hui le résultat.

Publié dans presse nationale

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