« Five Guys », « Burger King » et « KFC » en France. À quand des chaînes françaises de qualité ?

Publié le par Denis PIGNOL

« Five Guys », « Burger King » et « KFC » en France. À quand des chaînes françaises de qualité ?

« Five Guys », « Burger King » et « KFC » en France. À quand des chaînes françaises de qualité ?

Pour favoriser l’implantation de chaînes de restauration rapide françaises présentant une alternative au tout burger, il faut créer un contexte favorable et aiguiller les potentiels investisseurs dans leur démarche. Car la demande existe.

Boulevard Voltaire | Gabriel Robin | Juriste | 06-05-2015

Les hamburgers préférés de Barack Obama (il semblerait que ce soit un gage de grande cuisine pour certains journalistes, mais passons) devraient être prochainement disponibles à la vente dans la capitale. Après l’arrivée des KFC, puis de Burger King en 2012, voici Five Guys. Cette chaîne de restauration rapide dans le goût américain (spécialisée dans les burgers, les hot dogs et les frites) connaît depuis quelque temps un franc succès outre-Atlantique et au Royaume-Uni, pays test en Europe pour ce genre d’initiatives.

Depuis trois ans, l’enseigne a la croissance la plus soutenue de son secteur aux États-Unis et compte désormais mille restaurants en franchise entre New York et la Californie. Si Five Guys se targue d’une qualité de fabrication légèrement supérieure à celle de ses concurrents directs, il n’en reste pas moins que nous sommes très loin de la belle gastronomie française. Burgers et hot dogs n’appartiennent pas à notre patrimoine culinaire national : on peut même affirmer, sans tomber dans l’excès, qu’ils contribuent à installer des comportements alimentaires directement liés à des problèmes majeurs de santé publique (obésité, diabète) ; tout en appauvrissant le palais, naguère éduqué, de nos compatriotes.

On me rétorquera que ces chaînes de restauration rapide contribuent à créer de l’emploi en France ; cela est vrai et je n’y trouve rien à redire. Cependant, rien n’interdit à la France de mettre en place une véritable politique planifiée concernant la restauration rapide. Ce secteur créateur d’emploi et de richesses pourrait être transfiguré par le génie entrepreneurial français et la richesse de nos patrimoines naturels et culturels. Pour redynamiser la croissance locale, j’avais proposé, lors des élections départementales, que des cellules d’implantation stratégique de commerces soient internalisées dans les conseils départementaux. L’idée est simple : créer des cercles vertueux.

Pour favoriser l’implantation de chaînes de restauration rapide françaises présentant une alternative au tout burger, il faut créer un contexte favorable et aiguiller les potentiels investisseurs dans leur démarche. Car la demande existe. Elle est même forte. Entre déjeuner sur le pouce au KFC et déjeuner un sandwich de qualité éco-responsable, les Français auront vite fait de choisir. Il faut pour cela légiférer sur une fiscalité favorable à ce type d’initiatives, et instaurer un Label France pour la restauration rapide en s’inspirant du modèle des Maîtres Restaurateurs. Ces derniers, pour bénéficier du label, ont l’obligation de tout « faire maison » et de cuisiner un maximum de produits frais. Pour la restauration rapide, il faudrait en outre demander aux restaurateurs de s’approvisionner prioritairement chez les agriculteurs locaux, c’est-à-dire en « circuit court ».

Ces restaurants seront d’abord un succès en France, et attireront les touristes en leur proposant des spécialités ancrées dans notre terroir. On peut même envisager que certaines chaînes puissent devenir des réussites internationales, tant notre cuisine est appréciée dans le monde entier. Arrêtons de nous déprécier : nous avons le savoir-faire pour redonner aux Français le goût de bien manger, et pour le faire savoir au-delà de nos frontières !

Publié dans presse nationale

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