Face au terrorisme islamiste il faut le patriotisme Français

Publié le par Denis PIGNOL

Face au terrorisme islamiste il faut le patriotisme Français

Lagauchematuer | Christian Vanneste | Député honoraire Président du RPF | 21 mars 2015

Le terrorisme islamiste a encore frappé, cette fois à Tunis, dans le seul pays arabe qui semblait revivre après le rêve du Printemps et le cauchemar de l’islamisme et bâtir une démocratie. C’est un classique de l’horreur. Le monstre était endormi. Son réveil d’un sommeil séculaire lui fait répandre la terreur. Ce scénario auquel nous sommes habitués par la littérature et le cinéma se déroule aujourd’hui dans le monde réel qu’il remplit de ses carnages. Ce monstre est l’islamisme. Il a déjà déployé ses ailes dans le monde musulman. Il n’est pas ce monde, mais il en fait partie depuis la nuit des temps, et on l’a réveillé. L’islam n’est pas une religion pacifique.

La conquête, la soumission des ennemis, l’esclavage, l’inégalité des sexes ne lui sont pas étrangers. Le châtiment sévère est un thème obsessionnel du Coran dont quelques passages sont véhéments à l’encontre des Chrétiens et des Juifs, et l’ensemble vindicatif pour les « associateurs », c’est-à-dire les polythéistes, qui associent des dieux secondaires à Allah. Il n’est pas sûr que les Chrétiens trinitaires en soient exclus. La neuvième sourate est explicite : » Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. » A certains moments de l’Histoire, ces thèmes se sont affaiblis, notamment lorsque l’éternité incréée du Coran s’est estompée et que son interprétation a été admise. Les Mutazilites qui ont influencé certains califes abbassides sont allés dans ce sens. A d’autres, au contraire, le retour à la lettre et à certains exemples fournis à la naissance de l’islam, au travers du Hadith, a conduit à un fanatisme sanguinaire.

La splendeur des Omeyyades ou des Abbassides sunnites, pas plus que celle des Fatimides chiites, n’ont empêché le retour de sectes violentes. Le troisième parti qui est resté en dehors de la querelle entre Ali et Uthman, à l’origine de l’opposition entre Chiites et Sunnites, est le Kharijisme. Ce puritanisme exacerbé a été en rébellion armée contre les califes et a mis à feu et à sang une partie de l’Irak actuel. Divisé en branches extrémistes ou modérées par la suite, ce mouvement a notamment été représenté par les Azraqites. Certaines de leurs pratiques évoquent les cruautés commises par l’Etat islamique : « l’épreuve » qui consistait à exiger qu’une recrue égorgeât un prisonnier ou la « démonstration » qui justifiait le massacre de tous les ennemis, femmes et enfants compris. Toutefois, la lapidation des femmes était exclue, et les Chrétiens, semble-t-il, respectés contrairement aux Musulmans infidèles.

Lorsque les Américains ont soutenu la résistance afghane contre l’URSS, leur stratégie victorieuse a commis deux fautes malheureusement courantes dans l’Histoire des Etats-Unis. D’abord, on néglige le détail. Tous les moyens sont bons : argent saoudien, services secrets pakistanais, combattants arabes venus faire le Djhad dans un pays tribal, musulman certes, mais qui n’était ni arabe, ni prosélyte, seulement archaïque. Les Tadjiks de Massoud voulaient retrouver leur autonomie au fond de leurs vallées. Les Pachtounes majoritaires voulaient dominer le pays, les Hazaras préserver leur identité chiite et « mongole ». Il fallait donc assurer minutieusement l’atterrissage après le départ des Russes, en éloignant les étrangers et en rétablissant une monarchie capable de cimenter en apparence la mosaïque. Comme d’habitude, comme au Viet-Nam, comme en Somalie, comme en Irak, les Américains sont partis avant d’avoir terminé le travail, poussés par une opinion publique versatile. La France de Sarkozy, entiché du modèle américain, a fait pire en Libye. Une vaste zone dénuée d’Etat et parcourue par des bandes de guerriers habitués à la guerre civile devient alors une base du terrorisme international. A partir de l’Afghanistan, le foyer d’origine a poussé ses métastases. Chaque nouvelle infection irradie à sa périphérie. La Tunisie subit aujourd’hui les conséquence de la chienlit installée en Libye.

Deux faits actuels fournissent les éléments d’une solution. Les islamistes s’attaquent aux symboles de la culture préislamique.

Les Tunisiens font face au terrorisme en chantant leur hymne national. En Irak, l’ancienne Mésopotamie, en Tunisie où Carthage fut la rivale de Rome, dans la Syrie à l’histoire si brillante, et dans l’Egypte éternelle, le patriotisme doit remettre la religion à sa place. Les Américains ont fait le choix inverse car ils n’acceptent qu’un patriotisme, le leur, qu’ils saupoudrent d’une religiosité décorative et tolérante. Ils préfèrent donc les communautés religieuses aux nations indépendantes. Le Christianisme, en revanche, accepte facilement que le spirituel inspire le temporel mais ne le remplace pas. Jean-Paul II avait incarné cette unité profonde de la spiritualité universelle catholique et de l’identité polonaise. Il faut que, dans son évolution, la religion musulmane trouve aussi cet équilibre. Ce n’est pas un objectif facile à atteindre, mais l’Histoire de l’Islam, la spécificité de l’Iran perse, par exemple, montre que ce n’est pas impossible.

Publié dans presse nationale

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