Droit de vote obligatoire : républicain… ou fasciste ?

Publié le par Denis PIGNOL

Droit de vote obligatoire : républicain… ou fasciste ?

Droit de vote obligatoire : républicain… ou fasciste ?

Et si toute élection qui ne recueille pas au moins 60 % des inscrits était invalidée ?

Boulevard Voltaire | Gilles Bonamy | Chef d'entreprise | 19-04-2015

Droit de vote obligatoire : républicain… ou fasciste ? Si, selon Roland Barthes, le fascisme, c’est interdire de faire et obliger à faire, alors nous n’en sommes pas loin… Pour l’anecdote, pas un matin sans qu’un média d’information n’évoque une interdiction, une obligation, une taxation du « citoyen » – nouveau nom à la mode pour désigner les « gens ». C’est vrai qu’avec ce joli titre, on avale plus volontiers les couleuvres, de la même façon que, depuis que les aveugles sont des non-voyants, ils s’en portent bien mieux.

Mais, me direz-vous, pour quelle raison ce vilain mot de « fasciste » (dictature civile serait plus juste) pour désigner notre belle démocratie républicaine ? De mon point de vue, il y en a beaucoup, mais je ne m’attarderai aujourd’hui que sur l’une d’entre elles. Le désintérêt des citoyens pour la politique et ses représentants est patent et surtout croissant depuis des années. Il faut dire que, promesses non tenues, folklore électoraliste, corruption, escroqueries, incompétences, malveillances, mauvaise foi – j’en passe et des meilleures, comme l’absence de vision à long terme pour l’intérêt du plus grand nombre -, tout cela de la part des politiques, n’y sont pas étrangers.

L’impression que ces « citoyens politiques-là » ne contrôlent plus rien, face à la banque, la finance et les lobbies multi-internationaux, vient encore ajouter au désintérêt désabusé de nos « concitoyens ». En y regardant bien, on serait presque tenté de dire que, par hasard tout de même, ils auraient pu réussir quelque chose. Eh bien, non, l’’Europe en est l’illustration. Sur la base d’une idée somme toute constructive, progressiste, de paix et de développement, notre cher personnel politique (oui, « personnel » : dois-je vous rappeler qu’ils sont à notre service ?) a fait de l’Europe le chantre de l’élitisme « technocratico-administratif » non élu. Et ces « citoyens politiques-là », qui ne nous rendent que bien peu de comptes, voire pas du tout, sont les champions, du chômage, de l’insécurité, de la précarité, des dettes, etc. Tout ça commis, non pas « avec trois brosses à dents et quatre peignes à cheveux » mais avec des milliards de milliards d’euros d’origine fiscale ponctionnés sur des décennies.

Et voilà que maintenant nos « citoyens politiques » incapables de gouverner et de gérer, après s’être repassé la direction des affaires à tour de rôle, constatent la désaffection des urnes. Qu’à cela ne tienne ! Faisant fi de leurs carences et de leur incapacité à nous convaincre d’aller voter (convaincre, premier et essentiel devoir d’un tribun romain au temps d’une autre république), ils proposent une bonne loi qui devrait faire l’affaire, pour nous y obliger. Lorsqu’on a perdu tout sens commun, qu’on est persuadé d’être « au-dessus de la mêlée », comment se remettre en question ? Pourquoi se donner du mal ? Interdire, obliger, taxer, c’est « imposer librement »… du fascisme sans le dire, en somme.

Et si toute élection qui ne recueille pas au moins 60 % des inscrits était invalidée ? Plus encore : si tous les candidats s’étant présentés à cette élection se voyaient interdits de concourir à l’élection suivante ?

Changeons la tête au-dessus de laquelle est suspendue l’épée de Damoclès !

Publié dans presse nationale

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