De l’État-providence à l’État-manigance

Publié le par Denis PIGNOL

De l’État-providence à l’État-manigance

De l’État-providence à l’État-manigance

L’État remplace Dieu depuis la Révolution, mais l’État-providence est en fait un État d’errance diabolique. Qui veut faire l’ange fait la bête, qui veut faire la providence fait l’enfer.

Boulevard Voltaire | Pierre Lours | Essayiste et romancier | 06-04-2015

Les bras pourraient me tomber si ce n’était cette irrépressible volonté de ne pas rendre les armes !

Vous savez que nos « dépités » socialistes viennent de voter des dispositions contre la maigreur des mannequins portemanteaux et porte-oripeaux dessinés par nos créateurs de mode qui, souvent, aiment les femmes à condition qu’elles ressemblent à des gourdes sèches arpentant les podiums. Une peine de 10.000 euros pour apologie de l’anorexie viendra donc s’ajouter à toutes les lois sanctionnant la liberté, comme si les Français n’étaient pas capables, comme les Américains, de juger par eux-mêmes de la valeur des images qui présentent des femmes squelettiques. Comme si les Français ne pouvaient apprécier à leur juste valeur des propos qui font l’apologie des camps de concentration, du racisme et des multiples discriminations, fondés… sur la connerie de l’éructeur, connerie et non pas « bêtise », ce serait injuste et discriminatoire vis-à-vis de nos amies les bêtes !

Prenons, par exemple, les dispositions sanctionnant les provocations à la haine raciale, idée qu’il ne viendrait à personne de bon sens d’encourager. On ne peut que constater que c’est parce que l’État a créé depuis 40 ans les conditions sociales et économiques des tensions raciales qui infectent la France, que ce même État édicte des lois sanctionnant les dérives dont il est un peu à l’origine, histoire de se dédouaner.

L’Etat protège les immigrés par ses lois antiraciales alors qu’il est l’initiateur, ou tout du moins le complice, de leur exploitation économique, de leur déracinement, de leur malheur.

Même perversion, même inversion quand l’État interdit une manifestation en « raison des troubles à l’ordre public » qu’elle engendrerait : faute de garantir le bon déroulement de la liberté d’expression en mettant en place un dispositif policier, l’État sanctionne ceux qu’il est incapable et coupable de ne pas protéger.

Même forfaiture quand la justice de l’État sanctionne la légitime défense alors qu’il a failli dans la protection des personnes et des biens : c’est comme si un père corrigeait son enfant pour s’être défendu seul et avoir ainsi démontré l’absence condamnable de celui qui était censé veiller sur lui.

Les représentants de l’État manifestent fièrement pour la liberté d’expression alors qu’ils la restreignent toujours plus et se montrent impuissants à défendre ses plus élémentaires manifestations.

Ainsi l’État pousse au crime en mettant en place des structures mortifères et criminogènes et en abandonnant ses missions. Qui plus est, il se prévaut de ses propres turpitudes pour s’ériger en faux justicier.

L’État remplace Dieu depuis la Révolution, mais l’État-providence est en fait un État d’errance diabolique. Qui veut faire l’ange fait la bête, qui veut faire la providence fait l’enfer.

Joyeuses Pâques !

Publié dans presse nationale

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