Crise de la viande bovine : les éleveurs dans l'expectative

Publié le par Denis PIGNOL

Les éleveurs bovins doivent faire le point sur les difficultés autour d'une table ronde au ministère de l'Agriculture. © GUTNER / Sipa
Les éleveurs bovins doivent faire le point sur les difficultés autour d'une table ronde au ministère de l'Agriculture. © GUTNER / Sipa

Crise de la viande bovine : les éleveurs dans l'expectative

Le Point - Publié le 12/05/2015 à 05:59

Les éleveurs dénoncent la baisse des prix. Ils doivent "faire le point sur les difficultés" mardi, lors d'une table ronde au ministère de l'Agriculture.

Les éleveurs bovins, qui ont remis la pression depuis dimanche en bloquant plusieurs abattoirs en France pour protester contre l'effondrement des prix, attendent beaucoup de la table ronde organisée par le ministère de l'Agriculture qui doit réunir tous les acteurs de la filière mardi. Des abattoirs ont été bloqués lundi dans le grand-Est, dans le Tarn, en Vendée, dans le Calvados et le Maine-et-Loire, par des éleveurs qui dénoncent la baisse des prix et réclament des solutions rapides, a-t-on appris auprès de la Fédération nationale bovine (FNB).

Ces blocages d'abattoirs avaient commencé jeudi, les éleveurs demandant au ministère de l'Agriculture de "réunir de toute urgence" les principaux opérateurs de la filière française : éleveurs, abatteurs, transporteurs et distributeurs dans l'objectif "d'obtenir à très brève échéance une amélioration de la situation économique des éleveurs", rappelle la FNB.

"Sortir de l'impasse"

C'est ce qu'a fait le ministère en annonçant la tenue mardi d'une table ronde destinée à "faire le point sur les difficultés des éleveurs et dresser des perspectives pour la filière". "L'annonce de cette table ronde est un premier signe positif, mais ce n'est absolument pas une finalité. Les éleveurs resteront mobilisés pour obtenir des résultats concrets et significatifs", a indiqué la FNB dans un communiqué.

La Fédération souhaite que cette réunion permette de "rétablir des relations de confiance au sein de la filière, et de valoriser le produit sur le marché intérieur". Mais elle demande également "une obligation de résultat pour l'exportation vers les pays tiers", et veut surtout "aboutir impérativement à une augmentation du prix à la production, pour sortir les producteurs de l'impasse".

Résultats concrets et significatifs

Pour montrer leur détermination, les éleveurs ont mené lundi une série d'actions "coup de poing" à travers la France. Une trentaine d'agriculteurs venus du Tarn et de l'Aveyron ont organisé pendant 5 heures un barrage filtrant à l'abattoir Bigard de Castres. "Le directeur est venu nous voir. Nous partageons les analyses sur le marché, mais nous n'avons pas de solution sur la façon de réorienter les choses", a expliqué Philippe Jougla, président de la FDSEA du Tarn.

En Lorraine, les éleveurs bloquaient les abattoirs de Metz (Charal) et Mirecourt dans les Vosges (Elivia, filiale de Terrena) depuis 4 heures, lundi matin, et devaient poursuivre leur action jusque vers 20 heures. "Ce sont eux (les abattoirs) qui nous facturent nos animaux. Et le prix facturé ne couvre pas le prix de revient : on a des indicateurs de prix de revient à 4 euros le kilo et dans le même temps le prix d'entrée des animaux à l'abattoir est tombé à 3,60 euros", a expliqué à l'AFP Philippe Nicolas, président de la section élevage de la FDSEA des Vosges et de Lorraine.

"Montrer qu'on existe"

Dans les Pays de la Loire, quatre abattoirs étaient bloqués depuis dimanche, mais à l'annonce de la table ronde de mardi, les éleveurs de bovins ont cessé leur mouvement dans les abattoirs du Lion-d'Angers, des Herbiers, de la Châtaigneraie et la Roche-sur-Yon, selon Mickaël Trichet, président de la section bovine FRSEA des Pays de la Loire. "Il faut absolument un signe tout de suite sur le prix payé aux producteurs, le toujours moins cher ne peut pas être une règle générale fiable pour une filière. Nous souhaitons aussi la clarification des cotations", a-t-il indiqué.

Une dizaine d'agriculteurs ont bloqué jusqu'à la mi-journée l'abattoir Elivia à Villers-Bocage (Calvados). "Nous sommes une quinzaine de producteurs venus des cinq départements de la Normandie. On veut montrer qu'on existe. Les abattages sont plutôt en hausse depuis le début de l'année donc on devrait avoir une hausse des prix (d'achat de la viande aux éleveurs) or on a une stagnation" dans la région, a expliqué à l'AFP Daniel Courval, président de la section viande bovine de la FDSEA du Calvados.

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