Comment peut-on encore oser appeler cela de la démocratie ?

Publié le par Denis PIGNOL

Comment peut-on encore oser appeler cela de la démocratie ?

Comment peut-on encore oser appeler cela de la démocratie ?

Lagauchematuer | Arnaud D |, Blog chroniquesdesabusees.wordpress.com  | 1 avril 2015

Elections, pièges à cons.

Jamais ce slogan soixante-huitard n’aura été aussi vrai. Certes, la gauche a pris sa raclée, mais elle était attendue. La soi-disant droite a raflé la mise et fait la roue. Fort bien, mais je n’attends guère de miracles de la part des nouveaux exécutifs locaux. Qu’elles soient aux mains d’un camp ou d’un autre, les collectivités locales sont lourdement endettées, ne font pas grand-chose pour baisser la fiscalité et dans leur globalité embauchent des fonctionnaires ou des contractuels. A ce qu’il paraît, ce serait pour la grandeur du service public. Celui qui a fait l’expérience d’un guichet municipal ou départemental, sait de quoi il retourne. Il y a donc fort peu de chances pour que les nouveaux élus censés incarner l’espoir fassent quoi que ce soit pour inverser la tendance. L’électeur a été, est et restera l’éternel cocu de la guignolade républicaine.

A droite comme à gauche, on s’est félicité de ce que le Front National ait échoué. Si j’en crois ce qu’il s’est dit sur les divers plateaux, c’est un échec. Pourtant comme au premier tour, le FN reste le premier parti de France quant au nombre de voix recueillies : 4.107.943. Ce qui ne va pas sans poser le problème de la supposée démocratie française. Les élections ont été reculées d’un an, ce qui a largement laissé au gouvernement le temps de modifier les cantons et le mode de scrutin. Vous me direz que les précédents ont fait de même, oui, et ça en dit long sur le respect qu’ils éprouvent tous pour cette démocratie qu’ils proclament chérir. L’article 2 de la constitution de la république française finit par cette phrase : « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. » J’en ris encore.

La réalité, c’est que nous évoluons dans un système qui n’a rien de démocratique. Vous doutez ? Prenons le département de la Moselle. Voici les résultats du second tour :

Comment peut-on encore oser appeler cela de la démocratie ?

C’est clair, net et sans appel. Le FN arrive largement en tête en termes de voix recueillies. A lui tout seul, il a engrangé plus de voix que les divers partis et coalitions. Pourtant, il n’a pas obtenu le moindre siège de président de conseil départemental et doit se contenter de 62 binômes. Peut-on encore parler de démocratie ? Peut-on encore prétendre que le peuple est souverain ? S’il fallait un exemple pour démonter la fiction entretenue par les divers partis, largement aidés en cela par les médias aux ordres, c’est bien celui de la Moselle.

Pour ma part, je me fiche bien de tout ce cirque. Je ne suis pas républicain, je suis très moyennement démocrate (au sens moderne du terme), et je ne vote pas, sinon pour élire le maire de ma commune. Mais je ne peux m’empêcher d’être révolté lorsque je vois les clowns des partis dits républicains, se réjouir de ce que la république ait été sauvée du supposé péril fasciste. Je suis éberlué par tant de mensonges énoncés avec l’accent de la conviction, et atterré de voir mes compatriotes avaler l’appât, l’hameçon et la ligne sans broncher. La république française n’a plus rien de démocratique, si tant est qu’elle l’ait été à un moment de son histoire. Quatre millions d’électeurs ne sont finalement représentés que par une cinquantaine de binômes, la démocratie française ressemble de plus en plus à cela :

Comment peut-on encore oser appeler cela de la démocratie ?

On a le droit de s’en réjouir, certains blogueurs de gauche aimeraient d’ailleurs qu’on y arrive rapidement, mais continuer à parler de démocratie, c’est clairement se foutre de la gueule du monde.

Ajout : Pour ceux qui ne comprendraient pas le choix de l’illustration ci-dessus, encore que je gage que les bolchos ne soient pas pour grand-chose dans les tripatouillages du scrutin et des cantons, voici deux chiffres éloquents :

PCF : 100413 voix pour 118 binômes élus, soit 1 binôme par tranche de 851 électeurs.

FN : 4107943 voix pour 62 binômes élus, soit 1 binôme par tranche de 66257 électeurs.

Démocratie française —> Syntax error.

Publié dans presse nationale

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