Ces affaires qui embarrassent le FN

Publié le par Denis PIGNOL

Marine Le Pen - AFP
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Ces affaires qui embarrassent le FN

Les echos | GABRIEL NEDELEC | JOURNALISTE | LE 10/04 À 17:23, MIS À JOUR À 18:43

Au drame politique et familial entre Marine et Jean-Marie Le Pen vient se greffer désormais l’accélération de l’enquête judiciaire sur les campagnes électorales du FN.

Les affaires judiciaires s’accumulent pour le Front national. De nouvelles informations sur l’affaire de financements illégaux viennent d’être révélées ce vendredi par le journal « Le Monde » au milieu du drame familial et politique que vit le parti d’extrême droite. A force, celles-ci pourraient bien ternir le discours « mains propres » et « hors système » de ses dirigeants.

Retour sur les trois affaires qui gênent le parti de Marine Le Pen.

Le financement illégal des campagnes de 2012

C’est peut-être l’affaire la plus inquiétante pour Marine Le Pen. Les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi visent directement la présidente du Front national ainsi que deux de ses proches, David Racheline, sénateur du Var et maire de Fréjus, et Nicolas Bay, député européen et secrétaire général du FN. Il pourrait être reproché à Marine Le Pen d’avoir salarié « fictivement en CDD, pendant sa campagne » présidentielle de 2012 ces deux conseillers via la société Riwal qui les aurait embauchés comme chargé de projet et concepteur rédacteur. Et ce alors que le premier officiait comme conseiller en communication pour la candidate et le second comme porte-parole. Ces faits rappellent l’affaire du financement du RPR pour laquelle Alain Juppé avait écopé d’une inéligibilité temporaire en 2004.

Ces nouvelles informations révélées par « Le Monde »interviennent dans le cadre de l’enquête sur le financement illégal de Jeanne, le micro parti de Marine Le Pen, et du Front national par la société Riwal possédée par Frédéric Chatillon, qui court depuis plusieurs mois. Ce dernier a justement été mis en examen mercredi pour « financement illégal de campagnes électorales », en l’occurrence la présidentielle et les législatives de 2012. Il lui est reproché d’avoir fourni, courant 2012 et 2013, aux deux partis politiques, des dons, des biens, des services ou autres avantages à des prix inférieurs à ceux habituellement pratiqués.

Dernier point de cette affaire aux nombreux tiroirs, la société Riwal se serait rendue coupable de faits « d’escroquerie dans le cadre de la campagne législative 2012 ». C’est d’ailleurs le premier pan de cette affaire que les juges ont observé. Pour majorer « les dépenses électorales remboursables » du Front national, la société Riwal aurait fourni un kit de campagne imposé au candidat en contrepartie de leur investiture à des prix « ne correspondant pas aux frais réels devant être engagés par chaque candidat ». De plus, ces kits étaient fournis à Jeanne, le parti de Marine Le Pen, qui se proposait aussi d’avancer les fonds pour les candidats.

L’affaire des assistants parlementaires

Autre affaire financière qui pourrait entacher la fameuse maxime du Front « tête haute, mains propres », celle concernant le travail des assistants parlementaires des euro-députés du Front national. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, soupçonne les assistants des 23 eurodéputés du Front national, qui figurent pour un grand nombre d’entre eux à des postes officiels dans l’organigramme du parti, de travailler essentiellement pour le parti de Marine Le Pen tout en étant rémunérés par le budget européen. Des accusations que Marine Le Pen a dénoncé en bloc, dénonçant une « vaste manipulation politique », mais qui ont abouti à l’ouverture, le 30 mars, par le parquet de Paris d’une enquête judiciaire. Selon Bruxelles, le préjudice financier s’élèverait à 7,5 millions d’euros.

Les emprunts russes

Le troisième boulet accroché aux basques du FN, ce sont les soupçons entourant le financement du parti via des emprunts russes. L’affaire a été révélée par Médiapart. Des députés socialistes ont assuré, ce mercredi, vouloir mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée la création d’une commission d’enquête. En cause : 9 millions d’euros empruntés fin septembre 2014 auprès d’une banque russe et 2 millions d’euros reçus, en avril 2014, par l’association de financement de Jean-Marie Le Pen, de la part d’une banque chypriote alimentée de fonds russes. Marine Le Pen a argué que les banques françaises refusent de lui prêter de l’argent. Le 2 avril, Médiapart affirmait, grâce à la publication de textos entre un responsable du Kremlin et un proche de Vladimir Poutine par des hackers russes, un lien entre le financement du FN par des banques russes et le soutien du parti d’extrême droite à la politique russe en Ukraine. Une révélation qui alimenterait la thèse d’un financement du FN par un Etat étranger, ce qui est formellement interdit par le droit français.

Publié dans presse nationale

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