« Bats ta femme tous les matins… »

Publié le par Denis PIGNOL

« Bats ta femme tous les matins… »

« Bats ta femme tous les matins… »

Les salafistes algériens ont manifesté en force la semaine dernière à Alger. Ils sont descendus dans la rue pour défendre un droit divin : celui de frapper les femmes.

Boulevard Voltaire | Manuel Gomez | Ecrivain | 30-03-2015

Les salafistes algériens ont manifesté en force la semaine dernière à Alger.

L’ont-ils fait pour dénoncer les injustices sociales ? Non. Pour réclamer des augmentations de salaire ? Non. Pour s’opposer à l’exploitation du gaz de schiste ? Non. Pour dénoncer le manque de logements sociaux ? Non. Pour demander l’amélioration de l’enseignement secondaire ? Non. Pour dénoncer le chômage des jeunes ? Non. Pour demander davantage de liberté ? Non. Pour dénoncer la corruption qui gangrène l’économie ? Non. Ont-ils manifesté contre la cherté de la vie, contre l’absence de culture, contre la rareté des passeports et des visas ? Non, non, non.

Ils sont descendus dans la rue pour défendre un droit divin : celui de frapper les femmes.

Le droit de frapper la mère, la grand-mère, la fille, l’épouse, la sœur, la tante, la nièce, la voisine, la collègue de travail, la femme médecin, policière, pilote, officier dans l’armée, etc. Leur droit divin d’exercer librement des violences sur toutes les femmes, celles des foyers, celles dans le travail, celles dans les rues. Leur droit divin de faire de toutes les femmes, sans exception aucune, leur « propriété privée ».

Les parlementaires avaient lancé un appel il y a quelques semaines demandant aux femmes de s’habiller « correctement ».

Voilà pourquoi les salafistes algériens sont descendus dans les rues d’Alger. Amin Zaoui, auteur de l’article d’El Watan qui rapporte cette manifestation, est écœuré et triste.

Nous le sommes aussi… et vous, mesdames ?

J’ai connu l’Algérie de 1958, c’était l’époque où les Algériennes n’avaient qu’une seule aspiration : brûler leurs voiles. J’ai connu la Tunisie à l’époque de Bourguiba et Ben Ali, où l’on ne rencontrait pas une seule femme voilée. J’ai connu le Maroc, et je le connais toujours, et les femmes sont fières de séduire les hommes grâce à leur profil épuré. J’ai connu le Liban et l’Égypte, pays à l’avant-garde de la modernité et de la femme rayonnante.

Et, depuis quelques années, je m’aperçois qu’en France, pays de l’égalité et de la liberté – où la femme, selon Aragon, est l’avenir de l’homme -, chaque jour plus nombreuses des femmes se voilent, surtout lorsqu’elles se convertissent à l’islam. Qu’elles se convertissent, soit, si c’est de leur propre volonté, mais pour attirer l’islam vers l’Occident et non le contraire

Après voile, hijab, tchador, elles atteindraient vite la burka.

Qu’elles méditent sur le sort qui serait le leur si elles se soumettaient progressivement à l’outrage des salafistes.

Publié dans presse nationale

Commenter cet article