Avec des listes dissidentes « pro-Jean-Marie », le FN restera-t-il premier parti aux régionales ?

Publié le par Denis PIGNOL

Avec des listes dissidentes « pro-Jean-Marie », le FN restera-t-il premier parti aux régionales ?

Avec des listes dissidentes « pro-Jean-Marie », le FN restera-t-il premier parti aux régionales ?

Une fois le chef historique écarté de « son » parti, il est évident qu’il se créera dans les régions des listes dissidentes, listes qui, tout naturellement, attireront un certain pourcentage de « lepénistes purs et durs ».

Boulevard Voltaire | Jacques Martinez | Journaliste |06-05-2015

Marine Le Pen a définitivement rejeté son père et l’un des pères fondateurs du Front national. La perte d’électeurs sur sa droite à cause de listes dissidentes pro-Jean-Marie aux régionales – conséquence de la décision du bureau exécutif de lundi – sera-t-elle compensée par un gain sur sa gauche afin de permettre au FN de rester le premier parti de France en décembre ?

Né en 1972 lors d’une réunion du mouvement Ordre nouveau, le Front national pour l’unité française, abrégé en FN, s’était donné comme premier président Jean-Marie Le Pen. Or, lundi, Jean-Marie Le Pen a été « suspendu du statut d’adhérent » du parti qu’il a conduit au second tour d’une présidentielle : il s’agit évidemment d’une exclusion déguisée entraînant sa réaction épidermique envers celle qu’il avait portée à la présidence de « son » parti. Sa quasi-« exclusion » était prévisible depuis les déclarations sans aucune circonlocution de Marine Le Pen dimanche lors du « Grand Rendez-vous » Europe 1/Le Monde/i>Télé : « J’ai le sentiment qu’il ne veut pas que le Front national continue à exister. Il outrepasse complètement les prérogatives qui sont les siennes… » Et employer le qualificatif de « malveillance » laissait présager cette décision du bureau exécutif.

Cette première décision contre le vieux sanglier ne peut être suivie que d’autres plus radicales : certains estimeront que Marine Le Pen entrera ainsi des deux pieds dans le camp des « politiquement corrects » – comme nous le suggérions le 13 avril dernier. Quels sont, en effet, ceux qui souhaitent le plus la « disparition » de Jean-Marie Le Pen de la vie publique, sinon les « bien-pensants » ?

Une fois le chef historique écarté de « son » parti, il est évident qu’il se créera dans les régions des listes dissidentes, listes qui, tout naturellement, attireront un certain pourcentage de « lepénistes purs et durs ». Reste à savoir si cette décision de Marine Le Pen lui permettra d’attirer suffisamment d’électeurs UMP/Républicains, voire centristes, pour compenser cette perte…

Dans le cas contraire, cette « amputation » d’un membre important du corps FN risque de la handicaper dans la course à la conquête de régions semblant acquises. Car qui dit que Jean-Marie Le Pen ne sera pas le premier à constituer une liste dissidente, voire à en soutenir plusieurs ? Ce qui pourrait empêcher le FN d’arriver en tête alors que seule cette place compte dans ce genre de scrutin. C’est le risque qu’ont pris les « chirurgiens » en décidant de l’amputation de ce membre qu’ils ont diagnostiqué comme étant complètement gangrené… À tort ? À raison ? Réponse en décembre lors des régionales.

Publié dans presse nationale

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