Autoroutes : ce que contient l'accord annoncé par Macron

Publié le par Denis PIGNOL

L'accord intervient après 6 mois de bras de fer entre les société concessionnaires et le gouvernement. © AFP
L'accord intervient après 6 mois de bras de fer entre les société concessionnaires et le gouvernement. © AFP

Autoroutes : ce que contient l'accord annoncé par Macron

Le Point - Publié le 09/04/2015 à 18:06 - Modifié le 10/04/2015 à 06:22

Les sociétés concessionnaires voient leurs concessions allongées de 2 ans en moyenne en échange d'un plan d'investissement et sans hausse de péage.

Un accord a été trouvé entre le gouvernement et les sociétés concessionnaires d'autoroutes (SCA) sur les péages et l'investissement, a annoncé jeudi le ministre de l'Économie Emmanuel Macron. Cet accord valide un plan de relance autoroutier de 3,2 milliards d'euros, en échange d'un allongement moyen de deux ans de la durée des concessions actuelles. Mercredi, alors que les discussions étaient encore en cours, le Premier ministre Manuel Valls avait déjà annoncé que les péages des autoroutes n'augmenteraient pas en 2015, et que les SCA consentiraient 500 millions d'investissements supplémentaires dans les infrastructures et les projets de transports.

Fin janvier, le gouvernement avait gelé les tarifs autoroutiers, dans l'attente des conclusions d'un groupe de travail. Celui-ci avait, le 10 mars, préconisé notamment une contribution supplémentaire des sociétés d'autoroutes au financement des infrastructures, mais avait jugé "particulièrement aventureux" un processus de résiliation des concessions, qui rendrait nul et non avenu le plan de relance déjà accepté par Bruxelles.

Une "rentabilité exceptionnelle"

L'annonce d'Emmanuel Macron semble devoir marquer l'épilogue d'un bras de fer de plus de six mois entre le gouvernement et les SCA, déclenché par la publication d'un rapport de l'Autorité de la concurrence en septembre 2014. Cette instance indépendante avait pointé une "rentabilité exceptionnelle" des SCA, sur fond de hausse des péages supérieure à l'inflation depuis leur privatisation il y a près de 10 ans, et assimilé leur situation à une "rente".

Les SCA avaient réfuté ces conclusions et affirmé que leur rentabilité devait se calculer sur la totalité de la durée des concessions, soit une trentaine d'années, et était bien inférieure aux 20 % évoqués par l'Autorité. Elles avaient en outre montré leur détermination à défendre l'application de leurs contrats, en portant l'affaire devant le Conseil d'État lorsque le gouvernement avait annoncé le gel des tarifs.

Publié dans presse nationale

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