Affaire Le Pen contre Le Pen : beaucoup de bruit pour rien !

Publié le par Denis PIGNOL

Affaire Le Pen contre Le Pen : beaucoup de bruit pour rien !

Affaire Le Pen contre Le Pen : beaucoup de bruit pour rien !

Marine Le Pen, au lieu de « tuer » définitivement un père jugé encombrant, devrait se contenter de marquer sa différence en reprenant une formule qui fit jadis florès : "Lui, c’est lui, moi, c’est moi."

Boulevard Voltaire | Laure Fouré  | Juriste | Fonctionnaire au ministère des finances | 01-04-2015

La tempête politico-médiatique déclenchée par l’entretien accordé à l’hebdomadaire Rivarol par Jean-Marie Le Pen révèle l’accoutumance aux restrictions touchant à la liberté d’expression dans un pays qui vient pourtant de renouveler, un certain 11 janvier, son attachement indéfectible à cette valeur suprême.

À la vérité, plus on prétend défendre un principe, moins on le respecte : force est de constater que certaines opinions sont exclues du débat public pour devenir des délits, au regard d’une législation liberticide. Mais venons-en aux faits et examinons les propos incriminés.

Sur l’utilisation de chambres à gaz pour exterminer les juifs dans les camps nazis, question qu’il considère toujours comme un point de détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, notre homme refuse de changer d’avis et maintient à cet égard une position qu’il croit justifiée.

Rejetant une vision manichéenne du passé, il estime que le maréchal Pétain n’a pas trahi la France en 1940 et que ceux qui partagent son point de vue ne sont pas infréquentables et ont leur place au Front national, au même titre que les gaullistes, les anciens communistes et « tous les patriotes qui ont la France au cœur. »

Après avoir réglé son compte au courant chevènementiste représenté par Florian Philippot, il minimise l’importance que certains prêtent au « lobby » homosexuel à l’intérieur du parti, affirmant que « l’origine politique de certains dirigeants actuels du Front a plus d’importance que leur comportement personnel ».

Réagissant aux insultes proférées à l’Assemblée nationale par Manuel Valls envers sa petite-fille Marion, le patriarche s’interroge sur l’attachement à la France de notre Premier ministre, observant au passage que nous sommes gouvernés par des immigrés, d’origine espagnole ou italienne, dont la loyauté envers notre pays semble douteuse à ce « Français de mille ans. »

Mais s’il est un sujet qui préoccupe tout particulièrement le vieux chef, c’est la décadence et la submersion du « monde blanc » par des populations allogènes, que seule une alliance avec la Russie permettrait de sauver, alors que les États-Unis encouragent notre déclin en déstabilisant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord par une politique étrangère contraire aux intérêts de l’Europe.

Si ces propos s’avèrent discutables, comme la remise en cause du patriotisme d’élus d’ascendance étrangère, alors que bien des Français « de souche » trahissent délibérément leur propre patrie, faut-il pour autant « sacrifier » le fondateur du Front national pour achever une « dédiabolisation » bien illusoire de son mouvement ?

À l’instar de Bruno Gollnisch, regrettant que la direction du parti préfère le conflit à la conciliation des différentes sensibilités qui le composent, je pense que Marine Le Pen, au lieu de « tuer » définitivement un père jugé encombrant, devrait se contenter de marquer sa différence en reprenant une formule qui fit jadis florès : « Lui, c’est lui, moi, c’est moi. »

Publié dans presse nationale

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