Condamné l’an dernier pour violences et injures racistes : l’encombrant candidat du FN

Publié le par Denis PIGNOL

Pascal Bardin a écopé de six mois de prison avec sursis pour « violences et injures racistes » en 2014. - Camille Mazoyer
Pascal Bardin a écopé de six mois de prison avec sursis pour « violences et injures racistes » en 2014. - Camille Mazoyer

Condamné l’an dernier pour violences et injures racistes : l’encombrant candidat du FN

La montagne | Stéphane Barnoin | AUVERGNE | AUBIÈRE | 28/02/15 - 09H00

Pascal Bardin représentera le Front national à Aubière lors des élections départementales de mars. Il y a un an, il était condamné à six mois de prison avec sursis pour des dérapages racistes.

«Je ne ferai aucun commentaire ». Contacté hier soir, Pascal Bardin a immédiatement coupé court à la discussion. Il ne dira rien pour sa défense.

Le quinquagénaire investi par le FN sur le canton d’Aubière avait été un poil plus loquace le 14 mai 2014, devant le tribunal correctionnel. Ce jour-là, il comparaissait pour des « violences volontaires et injures à caractère raciste » intervenues quelques semaines plus tôt, à Clermont-Ferrand. Bilan : six mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve (lire l'article).

Un matin de mars, au volant de son véhicule, le cadre bancaire avait tenté de renverser un jeune garçon guadeloupéen qui traversait le boulevard Léon-Jouhaux. Très alcoolisé, il avait ensuite multiplié les insultes xénophobes à destination de sa victime.

« Il était en dehors des clous. Je l’ai suivi pour lui faire une leçon de morale », avait tenté d’expliquer le prévenu lors de l’audience, invoquant au passage des soucis familiaux et un burnout professionnel.

Aussitôt interpellé, Pascal Bardin avait été hospitalisé d’office pendant deux semaines. Dès sa sortie, nouveau dérapage : il avait sillonné le quartier de Croix-de-Neyrat, drapeau tricolore en main, hurlant des propos xénophobes et scandant : « C’est le printemps bleu marine, tous dehors?! ».

Le FN assure avoir été « berné »

Jusqu’aux révélations de France 3 Auvergne, hier, personne n’avait fait le lien entre l’homme condamné en mai 2014 et le candidat frontiste au prochain scrutin.

« Si nous l’avions su, il est évident que nous ne l’aurions pas présenté?! », s’agace Erik Faurot, secrétaire général du parti dans le Puy-de-Dôme. « Ce monsieur nous a rejoints il y a quelques mois. Il était volontaire sur le canton d’Aubière. Lorsqu’il a rempli les documents nécessaires à son investiture, il n’a pas du tout parlé de son passé judiciaire. Il nous a bernés ».

Erik Faurot se dit aujourd’hui « impuissant à revenir en arrière » : « À partir du moment où les listes ont été déposées en préfecture, on ne peut plus changer de candidat. Je le regrette infiniment ».


stephane.barnoin@centrefrance.com

Publié dans presse locale

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