8 mai 1945 : quelques vérités sur les Soviets

Publié le par Denis PIGNOL

8 mai 1945 : quelques vérités sur les Soviets

8 mai 1945 : quelques vérités sur les Soviets

La victoire des "saints Alliés" sur l’horreur et le mal absolus que constituait l’Allemagne nazie ne doit en aucun cas nous faire oublier le cynisme et l’horreur de la Russie stalinienne au cours de la même période.

Boulevard Voltaire | Magnus Martel | Officier d’active | 11-05-2015

Nombreux sont ceux qui, ici et à juste titre, dénoncent les délires d’une Éducation nationale qui, au gré de la nature idéologique de ses dirigeants, n’hésite pas à nous imposer une vision revisitée de l’histoire de France comme de celle du monde. Hélas, tout aussi nombreux semblent être ceux qui, au regard de la situation désastreuse dans laquelle s’enferme notre pays et de l’actualité mondiale, nous présentent une vision idyllique de la Russie qu’ils ne craignent pas d’étirer jusqu’à la période soviétique.

C’est ainsi que, le 9 mai, certains ont cru bon, sur fond de brouille ukrainienne entre ex-Alliés (une brouille renouvelée après celle qui les sépara déjà de 1948 à 1989), de glorifier la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne nazie, avec force drapeaux et étoiles rouges, s’il vous plaît. Un quart de siècle après l’effondrement de l’URSS, c’est avoir la mémoire singulièrement courte…

Car la victoire des « saints Alliés » sur l’horreur et le mal absolus que constituait l’Allemagne nazie, ce que le jugement d’un tribunal militaire des vainqueurs et une loi française d’essence soviétique interdisent de discuter comme s’il s’agissait d’une vérité de foi, ne doit en aucun cas nous faire oublier le cynisme et l’horreur de la Russie stalinienne au cours de la même période. Pas plus qu’elle ne doit nous faire oublier l’odieux comportement des soldatesques américaine et française, pas seulement sur les femmes allemandes, la saloperie de l’épuration ou le crime de guerre d’un Leclerc à Bad Reichenhall.

Mais pour n’évoquer que le cas soviétique qui nous intéresse, à l’occasion des commémorations grandioses et toutes martiales de ce 70e anniversaire, rappelons simplement que nous ne devons rien aux Soviétiques, pas même à leurs morts. Paix à leur âme. Car qui, en effet, surprend la France et la Grande-Bretagne fin août 1939 en signant un pacte de non-agression avec Hitler ? Qui participe au dépeçage, et de la plus vile façon, d’une Pologne que nous avions promis de secourir, que nous n’avons pas secourue et qui nous a finalement coûté notre indépendance dans un premier temps et la perte douloureuse de notre empire colonial dans un second ? Qui a assassiné, au mépris du droit de la guerre, des milliers d’officiers polonais prisonniers dans la forêt de Katyń, en faisant porter le chapeau à l’Allemagne pendant presque 50 ans ? Qui n’aurait pas hésité à pousser ses armées le plus loin vers l’ouest si les soldats allemands ne leur avaient opposé une farouche résistance en même temps qu’ils lâchaient volontairement prise face aux armées américaine et anglaise dans le but évident de ne pas soumettre la totalité de l’Allemagne à Staline ? Qui, enfin, n’aurait eu aucun état d’âme à annexer, s’il en avait eu l’occasion, Belgique, Pays-Bas et France, sort qu’il fit subir aux pays d’Europe de l’Est dont la Pologne ?

Quoi que l’on puisse penser, par ailleurs, de l’actuelle Russie, nous attendons toujours son aggiornamento et l’effacement de ses hideuses étoiles rouges.

Publié dans un peu d'histoire

Commenter cet article