Obligation de vote : la liberté s’effiloche

Publié le par Denis PIGNOL

Obligation de vote : la liberté s’effiloche

Obligation de vote : la liberté s’effiloche

Voilà bien une idée socialiste ! Voilà bien une idée stupide !

Boulevard Voltaire | Yannik Chauvin | Docteur en droit, écrivain, compositeur | 17-04-2015

L’esprit du 11 janvier a encore frappé. Pour tenter d’en maintenir tremblotante, mais vivotante, la flammèche, Claude Bartolone propose de rendre le vote obligatoire. Voilà bien une idée socialiste ! Voilà bien une idée stupide ! « Doit » remplace « peut ». Adieu la liberté ! Bonjour la contrainte !

Le personnel politique d’aujourd’hui est tellement médiocre, tellement incompétent, tellement mauvais que l’électeur lui donne des claques ou se détourne des urnes. C’est son droit le plus absolu : va-t-on au concert si le chanteur chante faux ? Qui peut, un instant, imaginer que, pour la seule raison que le vote est obligatoire, la politique va devenir bonne ? C’est absurde : une mauvaise politique votée par mille, dix mille, cent mille ou un million de personnes restera toujours une mauvaise politique. S’il faut améliorer le système, c’est du côté de la langue française qu’il faut agir : un suffrage « exprimé » peut être blanc ou nul. Commençons par là.

Et puis, cette manie, irrépressible, compulsive, de contraindre, de rendre obligatoire ! La gauche, c’est l’étouffoir. Là où elle peut glisser une petite obligation, écorner une liberté, diriger tout le monde, tout le temps, dans tous les domaines, sans laisser personne respirer, réfléchir, choisir, là où elle voit une telle faille, elle se précipité, dégaine une petit loi, une petite règle, une petite oppression de plus.

Alors, pourquoi cette proposition ? Il faut, je crois, regarder vers les clientèles captives de la gauche. Le premier réservoir, ce sont les fonctionnaires. Pour un politicien de gauche, ne pas faire le plein des voix des fonctionnaires, c’est un peu comme épouser une femme belle mais cul-de-jatte : ça gâche la fête ! Or, il y a 5,5 millions de fonctionnaires, votants potentiels. Qu’ils votent, nom d’un chien !

Le deuxième réservoir, grâce à Terra Nova, ce sont les Français issus de l’immigration. Il est interdit d’en tenir le compte, mais l’INSEE précise qu’en 2011, il y avait 5,6 millions d’immigrés dont 87 % avaient plus de 25 ans. Dans ce total, on ignore qui a le droit de vote, mais on sait que François Hollande aimerait bien faire voter tout ce petit monde, même les non-Français, aux élections locales dans un premier temps. Ce besoin de faire voter les immigrés ne se conçoit que si les analyses sociologiques menées, pas toujours en plein jour, concluent que ces populations sont majoritairement favorables à la gauche. Alors, aux urnes, tout le monde !

Si ces deux « réservoirs » sont plus obéissants que les autres groupes de population, plus malléables, moins volatils, alors la gauche a tout intérêt, effectivement, à rendre le vote obligatoire, non pas parce que la « démocratie » y gagnerait – faut quand même pas plaisanter – mais par simple calcul électoraliste.

Face à cette « démocrature », comme dit astucieusement Dominique Jamet, on a le droit de penser autrement que monsieur Bartolone et de dire à tous ceux qui se préoccupent de notre sort : « Faites-nous une bonne politique et l’on vous fera de belles élections. »

Publié dans presse nationale

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