Le septième jour

Publié le par Denis PIGNOL

Le septième jour

Le septième jour

Si nous étions au XIXe siècle, les Français auraient déjà dressé des barricades et pris les armes...

Boulevard Voltaire | Maxime de La Devèze | Éditorialiste | 28-02-2015

Dimanche 23 mars 2015 : le Front national arrive en tête des élections départementales. Le parti qui représente une majorité d’ouvriers, de jeunes et d’habitants de la France périphérique confirme sa place : premier parti de France. Mais aussi première cible de la classe dirigeante de ce pays.

« Coup de semonce », « avertissement », titre la presse officielle : Dans une « élection sans enjeu national », les Français ont adressé un « signal » au pouvoir. Relativisant, espérant encore et toujours qu’une pirouette leur permettra de se rétablir avant 2017. Même si les sondages confirment au fil des mois la présence du candidat FN au second tour, en position de le remporter à 5 % près. En 1985-86, la mort de Coluche, le chantre du « tous pourris », a eu un curieux écho : la franche montée du FN. À la mort des figures de Charlie Hebdo en 2015 correspond une seconde marche. Eh oui, ceux qui rigolent des grosses blagues lourdes votent aussi Le Pen. Ainsi est le Gaulois.

Jamais ils ne partageraient le pouvoir avec ce peuple gouailleur. Pendant 40 ans, ils ont exclu, claqué la porte à tour de rôle sur les doigts des Français en hurlant : « Pacte républicain ! » Le bon peuple a pris son mal en patience en regardant ses mains sanguinolentes. Si nous étions au XIXe siècle, les Français auraient déjà dressé des barricades et pris les armes. Depuis déjà deux mois, ils fourbissent les arguments et aiguisent les éléments de langage. Les discours sont en place dans les cabinets ministériels. Ils ont décuplé les efforts, exploitant chaque événement, le moindre chiffre, tous les faits divers, du plus sordide au plus scandaleux. Profanation ici : « Ce sont des Français de souche. » Statistique du jour : « Le chômage baisse. » Attentat là-bas : « Il faut lutter contre l’islamophobie. » Dans un salon professionnel, la consigne de vote claque comme un ordre donné d’un coup de menton : pas de vote FN ! Et à chaque fois, la même menace, le même ignoble chantage : ce sera nous ou le chaos. Ce sera nous ou la ruine. Si vous votez FN, vous aurez le désordre. Si vous votez FN, vous n’aurez plus de sous. La menace ne prend plus.

La menace ne prend plus, la ruine est déjà consommée. Cette clique tape honteusement dans la caisse depuis 40 ans pour financer sa gabegie. Chaque année, ce sont 3 ou 4 % de découvert qui se cumulent. Ouf ! Bruxelles leur a donné jusqu’en 2017 pour descendre à 3 % ! Tétanisés sur les commandes, ils vont continuer de nous précipiter en vrille, comme drogués à l’adrénaline de la chute vertigineuse. Ils ne lâcheront le manche qu’au dernier moment pour sauter en parachute doré juste avant que l’avion ne percute la planète. Après la catastrophe, ils atterriront comme des fleurs pour constater le désastre et admonester les quelques survivants : « On vous l’avait bien dit ! »

La menace ne prend plus, car le désordre des mœurs et le chaos urbain sont votés. Doucement, comme une infiltration d’eau, ils ont envahi la France d’en bas, celle des quartiers désertés devenus des ghettos à l’envers, qui excluent les petits Blancs, les Français. Ces zones où s’imposent petit à petit un salmigondis de lois et de règles disparates, celles de l’étranger, celles de l’islam, celles de la jungle. Ces petites villes délaissées, appauvries, désindustrialisées, où l’on ferme les hôpitaux et les gares, où survit un sous-prolétariat exclu, loin de tout, de Paris, de ses mariages homos, et de sa riche banlieue, qui offre des vacances au ski à des dealers et des vice-présidences de parti politique à des sans-papiers.

Alors, oui, la menace et le chantage ne fonctionnent plus et la France vote Front national massivement.

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